
L’Afrique du Sud fait face à une crise sécuritaire majeure qui pousse les autorités à franchir un nouveau seuil dans leur stratégie de lutte contre la criminalité. Lors de son discours sur l’état de la nation, le président Cyril Ramaphosa a dressé un constat alarmant : la violence persistante menace à la fois la stabilité démocratique et le développement économique du pays.
Pour répondre à cette situation, le chef de l’État a ordonné la mise en place d’un plan d’action immédiat impliquant une coopération étroite entre la police et les forces armées. La mesure la plus marquante est le déploiement de la Force de défense nationale sud-africaine afin de soutenir les forces de sécurité dans deux provinces particulièrement touchées : le Cap-Occidental et le Gauteng, qui englobe Johannesburg et Pretoria.
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Une offensive contre gangs et mines illégales
Dans plusieurs quartiers du Cap-Occidental, les affrontements entre gangs plongent des communautés entières dans la peur, exposant même des enfants aux tirs croisés. Dans le Gauteng, l’insécurité est alimentée par les « zama zamas », des mineurs clandestins exploitant illégalement des gisements d’or dans des milliers de mines abandonnées. Souvent armés et liés à des réseaux criminels, ces groupes sont accusés de terroriser les habitants et d’alimenter une économie souterraine massive.
Les autorités estiment que le commerce illégal de l’or a fait perdre plusieurs milliards de dollars à l’État ces dernières années, illustrant l’ampleur du défi économique et sécuritaire. Le président Ramaphosa a souligné que le coût de la criminalité se mesure autant en pertes financières qu’en vies humaines et en perspectives d’avenir brisées.
Renforcement de la police et riposte judiciaire
Le plan gouvernemental prévoit également le recrutement de milliers de policiers supplémentaires, le renforcement du renseignement criminel et une intensification des poursuites judiciaires contre les chefs de réseaux. L’objectif est de démanteler les structures organisées qui alimentent la circulation d’armes illégales et la violence dans les zones urbaines.
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Parallèlement à la question sécuritaire, le président a abordé la crise de l’eau qui frappe certains quartiers de Johannesburg. Après plusieurs semaines de pénuries, il a promis des sanctions pénales contre les responsables municipaux défaillants, dénonçant la mauvaise gestion des infrastructures et l’entretien insuffisant des réseaux.
Un contexte politique et diplomatique tendu
À la tête du premier gouvernement de coalition depuis la fin de l’apartheid, Cyril Ramaphosa doit gérer une conjoncture intérieure complexe tout en maintenant une voix active sur la scène internationale. Il a rappelé que la liberté sud-africaine resterait incomplète tant que d’autres peuples, notamment en Palestine ou au Soudan, continueraient de subir conflits et occupations.
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Le déploiement militaire marque ainsi un tournant sécuritaire majeur : pour Pretoria, il s’agit de reprendre le contrôle des zones les plus touchées par la criminalité et de restaurer la confiance des citoyens dans la capacité de l’État à garantir leur sécurité.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop














