
Les services de sécurité ukrainiens ont réalisé une arrestation de haut vol qui secoue à nouveau la scène politique de Kiev. Alors qu’il tentait de quitter le pays, un ancien membre influent du gouvernement a été intercepté par les enquêteurs anticorruption, dans le cadre d’une enquête sur des détournements massifs de fonds publics.
Le Bureau national de lutte contre la corruption (NABU) a confirmé l’opération menée ce jour aux frontières ukrainiennes. Selon les informations officielles, German Galushchenko, ex-ministre de l’Énergie, a été appréhendé alors qu’il s’apprêtait à franchir le poste frontière. Cette arrestation s’inscrit dans le cadre de l’affaire dite « Midas », qui avait déjà conduit à sa démission en novembre dernier.
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Un système de rétrocommissions à grande échelle
L’ex-ministre est soupçonné d’avoir joué un rôle clé dans un schéma de blanchiment d’argent estimé à 100 millions de dollars. D’après les informations relayées par Al Jazeera et le Parquet spécialisé dans la lutte contre la corruption (SAPO), ce système aurait été orchestré par Timur Mindich, homme d’affaires présenté comme un allié du président Volodymyr Zelenskyy.
Les entreprises sous-traitantes travaillant avec l’opérateur public Energoatom auraient été contraintes de verser des pots-de-vin représentant 10 à 15 % de la valeur de leurs contrats. Le refus de payer exposait ces sociétés à la perte des marchés ou à des retards de paiement délibérés.
La lutte contre la corruption, un enjeu pour l’UE
Cette affaire s’ajoute à une série de scandales qui ont ébranlé l’administration ukrainienne ces derniers mois. Deux prédécesseurs de Galushchenko au ministère de l’Énergie avaient également démissionné, et le chef de cabinet du président Zelenskyy avait lui aussi perdu son poste dans le sillage de cette enquête.
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Cette offensive judiciaire intervient dans un contexte diplomatique sensible : Kiev cherche à rassurer Bruxelles sur sa capacité à assainir ses institutions publiques et à mettre fin aux pratiques illicites héritées du passé. Ces dernières semaines, les autorités ukrainiennes ont intensifié les procédures visant des parlementaires, d’anciens conseillers présidentiels et même l’ancienne Première ministre Yulia Tymoshenko.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop














