
Le conte de fées vire au bras de fer institutionnel. Élue en grande pompe il y a quelques mois, Miss Cameroun 2025 se retrouve aujourd’hui au cœur d’une crise publique qui dépasse le simple cadre d’un concours de beauté.
Depuis plusieurs semaines, des internautes dénoncent un cyberharcèlement visant la Miss Cameroun 2025, Josiane Harangada Golonga. En réponse à un communiqué de la communauté Massa condamnant ces attaques, le Comité d’organisation Miss Cameroun (COMICA) a rendu publique une « ultime » demande d’explication adressée à la reine de beauté. Indiscipline, boycott et mépris envers sa tutelle : les accusations sont lourdes. L’affaire révèle des tensions récurrentes au sein de l’institution et pose la question de la gouvernance du concours.
À lire aussi : Football togolais : un nouveau souffle pour les Éperviers avec Patrice Neveu
Une Miss sous pression numérique
Tout est parti d’une vague de critiques et d’attaques sur les réseaux sociaux. Des publications virales ont visé la Miss en titre, suscitant l’indignation d’une partie de l’opinion.
Face à ce qu’elle qualifie de cyberharcèlement, la communauté Massa groupe socioculturel dont est issue la lauréate a publié un communiqué dénonçant des attaques répétées et appelant au respect de la dignité de la jeune femme.
Dans un pays où les réseaux sociaux jouent un rôle de caisse de résonance immédiate, l’affaire a rapidement pris une dimension nationale. Le débat ne porte plus seulement sur des polémiques numériques : il interroge la protection des figures publiques, le respect des femmes exposées médiatiquement et les fractures communautaires que certains discours peuvent raviver.
La riposte du COMICA : une « ultime » demande d’explication
C’est dans ce contexte que le COMICA a diffusé un document daté du 13 février 2026, présenté comme une « ultime » demande d’explication adressée à Miss Cameroun 2025.
Rédigée par le cabinet Bayebec Avocat, la correspondance de cinq pages évoque plusieurs griefs : indiscipline, boycott d’activités officielles et attitude jugée méprisante envers sa tutelle.
À lire aussi : États-Unis : l’armée prête à frapper l’Iran dès samedi, selon CBS News.
Le ton du document tranche avec l’image policée et festive que renvoie habituellement le concours. Il laisse entrevoir un conflit interne plus profond entre la lauréate et l’institution qui l’a couronnée. Surtout, il fixe un délai bref pour que la Miss se présente devant sa hiérarchie, sous peine de destitution.
Une crise qui n’est pas sans précédent
Ce nouvel épisode ne surgit pas dans un vide institutionnel. Le COMICA a déjà été secoué par des controverses au cours des dernières années : tensions internes, accusations de favoritisme, débats sur la gestion des reines élues.
Le concours Miss Cameroun, au-delà du glamour, est une vitrine nationale. Il engage des partenaires, des sponsors, des autorités publiques et façonne l’image du pays à l’international. Chaque crise fragilise cette vitrine et alimente les critiques sur la gouvernance de l’institution.
La question centrale est celle du cadre contractuel : quelles sont précisément les obligations d’une Miss élue ? Quelles marges d’autonomie lui sont reconnues ? Et comment sont arbitrés les différends entre la lauréate et le comité ?
Entre image publique et rapport de pouvoir
Dans ce dossier, deux dimensions se superposent. D’un côté, une jeune femme exposée à une pression médiatique intense et à des attaques en ligne. De l’autre, une organisation soucieuse de préserver son autorité et sa crédibilité.
À lire aussi : Coopération USA–Togo : des véhicules de luxe volés récupérés à Lomé
La publication d’une « ultime » demande d’explication dans l’espace public est en soi un acte fort. Elle traduit une volonté d’affirmer la primauté institutionnelle. Mais elle pose aussi la question de la gestion interne des conflits : une telle médiatisation contribue-t-elle à apaiser la situation ou à l’envenimer ?
Pour de nombreux observateurs, l’affaire révèle un déséquilibre classique : la Miss incarne l’image, mais le pouvoir décisionnel reste concentré entre les mains du comité. Lorsque la relation se tend, la marge de manœuvre de la reine de beauté apparaît limitée.
Une possible destitution aux conséquences multiples
Si une destitution devait intervenir, elle constituerait un séisme symbolique. Elle affecterait non seulement la trajectoire personnelle de Josiane Harangada Golonga, mais aussi la crédibilité du concours.
Une telle décision pourrait polariser davantage l’opinion, notamment si une partie du public estime que la Miss a été insuffisamment protégée face au cyberharcèlement. À l’inverse, le COMICA pourrait chercher à démontrer qu’aucune entorse au règlement ne peut être tolérée.
Dans tous les cas, l’épisode souligne l’urgence d’un cadre plus transparent, tant sur la gestion contractuelle que sur la protection psychologique et juridique des lauréates.
Au-delà du concours, un débat de société
À lire aussi : Parakou : grave incendie à la buvette « Le Jourdain »
L’affaire dépasse le simple univers des concours de beauté. Elle renvoie à des enjeux plus larges : gouvernance des institutions culturelles, responsabilité face au cyberharcèlement, respect des femmes dans l’espace public numérique.
Dans un Cameroun où les débats sociétaux prennent de plus en plus forme sur les plateformes digitales, la gestion de cette crise servira de précédent.
Le bras de fer entre le COMICA et Miss Cameroun 2025 ouvre une séquence délicate. Entre accusations disciplinaires et dénonciation de cyberharcèlement, l’institution et la reine de beauté jouent chacune leur crédibilité.
L’issue dépendra de la capacité des protagonistes à privilégier la transparence et le dialogue. Car au-delà d’un titre, c’est l’image d’une institution nationale qui se trouve désormais sous les projecteurs.
📢 Pour toute publication, dénonciation ou témoignage, contactez Dunia News à :
📩 info@dunia-news.com ou via WhatsApp au +19516189300
📰 Dunia News – La voix de ceux qu’on n’entend pas.
Celine Dou














