
Une nouvelle flambée de violence a secoué le nord du Nigeria, où des hommes armés circulant à moto ont attaqué plusieurs localités de l’État du Niger, laissant derrière eux morts, maisons incendiées et populations traumatisées. Face à l’impuissance des forces de sécurité à contenir ces incursions répétées, les responsables communautaires demandent désormais une réponse militaire structurelle.
Samedi, des assaillants ont mené des raids coordonnés contre trois villages de la région de Borgu : Tunga-Makeri, Konkoso et Pissa. Selon des informations relayées par Al Jazeera, ces attaques s’inscrivent dans un contexte sécuritaire complexe mêlant groupes affiliés à l’organisation État islamique et bandes criminelles spécialisées dans les enlèvements contre rançon.
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Des attaques coordonnées et meurtrières
Le porte-parole de la police de l’État du Niger, Wasiu Abiodun, a confirmé l’assaut contre Tunga-Makeri, évoquant l’action de « bandits présumés ». Le bilan officiel y fait état de six morts, de nombreuses habitations incendiées et de plusieurs enlèvements.
Mais c’est à Konkoso que la violence a été la plus meurtrière. Des témoins décrivent une attaque lancée à l’aube, vers 6 heures, au cours de laquelle les assaillants ont tiré sans distinction sur les habitants. Un résident, Jeremiah Timothy, parle de scènes de panique généralisée, tandis qu’un autre habitant, Abdullahi Adamu, avance un bilan de 26 morts pour sa localité et déplore l’absence totale des forces de sécurité au moment de l’assaut.
Des sources humanitaires citées par l’AFP évoquent un bilan encore plus lourd, allant jusqu’à 38 victimes à Konkoso, certaines ayant été égorgées. Après cette attaque, les assaillants se sont dirigés vers Pissa, où ils ont incendié le poste de police avant de se retirer.
Une pression croissante sur Abuja
Cette nouvelle vague de violence a conduit les chefs religieux et communautaires de Borgu à interpeller directement le président Bola Tinubu. Au-delà des condamnations officielles, ils réclament désormais l’installation immédiate d’une base militaire permanente dans la zone afin de prévenir de futures incursions.
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Le gouvernement nigérian fait déjà face à une pression accrue, tant sur le plan intérieur qu’international, pour renforcer la sécurité dans les régions rurales du nord. Si certaines voix extérieures ont tenté de présenter ces violences sous un angle confessionnel, les analystes soulignent qu’elles touchent indistinctement musulmans et chrétiens, s’inscrivant avant tout dans une crise sécuritaire et criminelle persistante.
Dans ce contexte, Abuja a intensifié sa coopération sécuritaire avec ses partenaires étrangers et multiplié les opérations militaires dans plusieurs États du nord. Mais sur le terrain, pour les habitants de Borgu, l’urgence reste la même : une présence militaire durable capable de dissuader les groupes armés et de restaurer un minimum de sécurité au quotidien.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop














