ONU : le pari silencieux de Macky Sall

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ONU : le pari silencieux de Macky Sall

L’hypothèse d’une candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies continue de hanter les couloirs diplomatiques sans jamais se matérialiser officiellement. Ni déclaration formelle, ni campagne ouverte. Pourtant, le nom circule. Et dans le monde feutré des relations internationales, le simple fait d’être cité constitue déjà une étape.

À un peu plus d’un an de la fin du mandat de António Guterres en 2026, les spéculations s’intensifient sur l’identité de son successeur. L’Afrique, qui n’a jamais dirigé l’ONU depuis 1945, nourrit l’espoir de voir l’un des siens accéder à cette fonction. Dans ce contexte, l’ancien président sénégalais apparaît pour certains comme un profil possible : expérience d’État, réseaux internationaux, visibilité diplomatique. Mais entre possibilité théorique et réalité politique, l’écart reste immense.

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Une ambition sans officialisation

À ce jour, aucune candidature n’a été formellement annoncée. Macky Sall lui-même a évoqué l’éventualité d’une candidature uniquement si elle bénéficiait d’un large soutien international et africain. Autrement dit : il ne se lancera pas seul.

Or, c’est là que se situe la première difficulté. Une candidature au poste de secrétaire général de l’ONU doit être proposée par un État membre, puis validée par le Conseil de sécurité avant d’être entérinée par l’Assemblée générale. Sans parrainage étatique clair, l’ambition reste spéculative. Et pour l’instant, aucun pays — pas même le Sénégal — n’a officiellement porté cette hypothèse.

Le facteur sénégalais

Au Sénégal, l’idée d’une candidature de Macky Sall ne fait pas consensus.
Certains y voient une reconnaissance internationale possible pour un ancien chef d’État qui a dirigé le pays pendant douze ans et présidé l’Union africaine. D’autres estiment que les tensions politiques ayant marqué la fin de son mandat pourraient peser sur sa crédibilité internationale.

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Plus encore, la diplomatie sénégalaise actuelle n’a pas affiché de soutien officiel. Dans les équilibres diplomatiques, cette réserve est déterminante : il est difficile d’imaginer une candidature crédible sans appui clair de l’État d’origine.

Le verrou africain

Mais le principal obstacle est peut-être ailleurs : en Afrique elle-même.
Pour espérer peser dans la course, le continent doit se rassembler derrière un candidat unique. Or, l’histoire montre que ce consensus est rarement facile à obtenir. Plusieurs figures africaines pourraient se positionner, et les rivalités régionales ne manqueraient pas d’apparaître.

Sans soutien explicite de l’Union africaine, toute candidature isolée risque de se diluer dans les négociations.

Les grandes puissances, arbitres ultimes

Même avec un soutien africain, rien ne serait acquis. Le secrétaire général de l’ONU est choisi avec l’aval des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Le moindre veto suffit à bloquer une candidature.

Dans un monde marqué par les tensions entre grandes puissances, le futur secrétaire général devra être perçu comme neutre, consensuel et capable de dialoguer avec tous. Un profil trop marqué politiquement ou géopolitiquement peut rapidement être écarté.

Entre prestige et calcul

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Pour ses partisans, Macky Sall dispose d’atouts :

une expérience présidentielle longue,

une présence régulière sur la scène internationale,

un réseau diplomatique solide.

Pour ses détracteurs, ces atouts ne suffisent pas face à la complexité du jeu diplomatique mondial et aux équilibres internes africains.

Une candidature qui en dit plus qu’elle ne promet

Au fond, la question n’est pas seulement de savoir si Macky Sall sera candidat.
Elle révèle une ambition plus large : celle d’une Afrique qui souhaite peser davantage dans les institutions internationales. Le simple fait que son nom circule témoigne d’une évolution : les dirigeants africains ne se contentent plus de participer aux forums mondiaux, ils aspirent à les diriger.

Mais entre aspiration et réalité, la route est longue.
Sans consensus africain, sans parrainage étatique et sans acceptation des grandes puissances, l’hypothèse restera une rumeur diplomatique.

En attendant, Macky Sall observe. Il ne dit ni oui ni non.
Et dans le langage feutré de la diplomatie, ce silence vaut parfois stratégie.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

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