
Le Parlement européen a adopté jeudi à Strasbourg un rapport majeur fixant des objectifs ambitieux pour la décennie à venir en matière de lutte contre la précarité. Face à une inflation persistante et à des inégalités marquées entre États membres, les eurodéputés ont voté pour un texte qui appelle à considérer la pauvreté comme une violation de la dignité humaine.
Un vote historique et symbolique
Le texte a été approuvé par 385 voix pour, 141 contre et 53 abstentions. Bien qu’il ne soit pas juridiquement contraignant, il sert de guide à la Commission européenne, qui doit présenter sa stratégie de lutte contre la pauvreté au cours du premier semestre 2026. L’objectif affiché : éradiquer la pauvreté dans l’Union européenne d’ici à 2035.
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Des chiffres alarmants
Les données d’Eurostat relayées par Anadolu montrent l’ampleur du défi. En 2024, 93,3 millions de personnes – soit 21 % de la population européenne – étaient exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale. Parmi elles, 5,6 millions cumulent pauvreté monétaire, privation matérielle sévère et très faible intensité de travail.
Les enfants sont particulièrement touchés : près de 20 millions d’entre eux sont concernés par la précarité. Pour y remédier, le Parlement propose la création d’une « Garantie européenne pour l’enfance » dotée d’au moins 20 milliards d’euros. Il est également demandé aux États membres de consacrer un minimum de 5 % du Fonds social européen à cette initiative, porté à 10 % dans les pays où la pauvreté infantile dépasse la moyenne communautaire.
Focus sur la France et les disparités géographiques
Le rapport met en lumière des écarts significatifs entre pays. La République tchèque (11,3 %) et la Slovénie (14,4 %) affichent des taux relativement bas, tandis que la Bulgarie et la Roumanie dépassent les 27 %.
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La France, qui accueille une importante diaspora sénégalaise, voit la pauvreté croître : selon l’Insee, le taux est passé de 13,3 % en 2014 à 15,9 % en 2024. Au total, 13,5 millions de personnes sont exposées au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, dont 26,2 % des mineurs, un chiffre supérieur à la moyenne européenne.
Des échéances précises
Au-delà de 2035 pour l’éradication globale de la pauvreté, le texte fixe un objectif immédiat : mettre fin au sans-abrisme d’ici 2030. Les eurodéputés insistent sur l’accès universel au logement, à l’énergie et aux services publics, soulignant que la lutte contre la précarité ne peut se limiter à des mesures financières isolées.
Par imam chroniqueur
Babacar Diop














