
Sanaa / Riyad – Le conflit au Moyen-Orient prend une nouvelle dimension. Les rebelles houthis du Yémen ont annoncé la mise en place immédiate d’un embargo maritime visant l’Arabie saoudite, faisant planer une nouvelle menace sur la circulation des navires dans la région du détroit de Bab el-Mandeb.
Le mouvement, soutenu par l’Iran, affirme agir en représailles aux opérations militaires menées contre le Yémen et notamment à une frappe ayant visé l’aéroport international de Sanaa après la tentative d’atterrissage d’un avion iranien.
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Dans une déclaration vidéo, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a présenté cette décision comme une réponse fondée sur le principe de « l’Å“il pour Å“il ». Le mouvement affirme vouloir empêcher les navires liés à l’Arabie saoudite de traverser le détroit de Bab el-Mandeb.
Un blocus annoncé après les frappes contre l’aéroport de Sanaa
La nouvelle escalade trouve son origine dans les événements survenus à l’aéroport de Sanaa.
Les autorités yéménites liées au gouvernement internationalement reconnu ont affirmé avoir ciblé la piste de l’aéroport afin d’empêcher un avion iranien d’atterrir. Selon cette version, l’appareil aurait pénétré dans l’espace aérien yéménite sans autorisation.
Les Houthis ont, de leur côté, accusé l’Arabie saoudite d’être à l’origine des frappes contre l’aéroport et ont promis une riposte.
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Quelques jours plus tard, le mouvement a donc annoncé un embargo maritime contre l’Arabie saoudite, faisant craindre une nouvelle confrontation directe dans une zone déjà fortement militarisée.
Le détroit de Bab el-Mandeb relie la mer Rouge au golfe d’Aden et constitue l’un des principaux passages maritimes entre l’océan Indien, le Moyen-Orient et l’Europe.
Toute perturbation importante de la navigation dans cette zone pourrait contraindre certains navires à modifier leur itinéraire et à emprunter des routes beaucoup plus longues autour de l’Afrique.
La menace intervient alors que les tensions autour du détroit d’Ormuz perturbent déjà fortement le transport maritime et les flux énergétiques dans la région.
La possibilité de voir deux passages stratégiques du commerce mondial menacés en même temps inquiète donc les marchés et les acteurs du transport maritime.
L’Arabie saoudite dispose de plusieurs infrastructures portuaires sur la mer Rouge, ce qui lui permet d’exporter une partie de sa production sans dépendre uniquement du détroit d’Ormuz.
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Un blocage ou une forte perturbation du trafic maritime dans la zone pourrait donc compliquer l’acheminement de certaines cargaisons de pétrole vers les marchés asiatiques.
Les experts mettent toutefois en garde contre les chiffres trop catégoriques. L’impact réel dépendrait de la capacité des Houthis à faire respecter leur menace, de la réaction des forces navales présentes dans la région et de la possibilité pour les navires de modifier leurs itinéraires.
Pour l’instant, il s’agit d’abord d’un blocus annoncé par les Houthis. Rien ne permet encore d’affirmer que le détroit de Bab el-Mandeb est totalement fermé à la navigation.
L’annonce des Houthis pourrait provoquer une nouvelle réaction de l’Arabie saoudite et de la coalition qui soutient le gouvernement yéménite reconnu internationalement.
Les autorités saoudiennes et leurs alliés ont déjà averti qu’ils répondraient fermement à toute attaque contre leurs intérêts ou leurs navires.
Une confrontation dans le détroit de Bab el-Mandeb pourrait ainsi rapidement dépasser le cadre du conflit yéménite et avoir des conséquences sur la sécurité du commerce international.
La situation est particulièrement préoccupante pour les compagnies maritimes. Ces dernières années, les attaques et menaces dans la région ont déjà contraint de nombreux navires à éviter certaines routes et à rallonger leurs trajets.
Si les menaces contre les navires saoudiens se concrétisent, les assureurs pourraient augmenter les primes de risque et certaines compagnies pourraient décider de contourner la mer Rouge.
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Cela entraînerait automatiquement des coûts supplémentaires et des délais plus longs pour le transport de marchandises entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe.
En annonçant ce blocus, les Houthis ouvrent un nouveau front dans une crise régionale déjà extrêmement tendue.
Le mouvement affirme agir en soutien à l’Iran et en réponse aux attaques contre ses positions. L’Arabie saoudite, de son côté, pourrait considérer toute attaque contre ses navires comme une nouvelle agression nécessitant une riposte.
La question est désormais de savoir si l’annonce des Houthis restera une menace politique et militaire ou si elle se traduira par des attaques concrètes contre des navires saoudiens.
Une chose est certaine : après le détroit d’Ormuz, le détroit de Bab el-Mandeb devient à son tour un point de tension majeur. Et si les deux routes maritimes venaient à être durablement perturbées, les conséquences pourraient se faire sentir bien au-delà du Moyen-Orient.
Rédaction DUNIA NEW’S.















