🇧🇯Bénin: condamnation de 02 locataires et de leur propriétaire pour un litige locatif.
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Deux locataires, dont une dame, ont engagé une procédure judiciaire contre leur propriétaire devant le tribunal de commerce de Cotonou. Cependant, la cour n’a pas uniquement condamné la défenderesse. Elle a également astreint les locataires à payer des frais à la propriétaire. Parallèlement, les juges ont annulé une reconnaissance de dette signée au commissariat du 12ᵉ arrondissement de Cotonou.
Les faits de l’affaire.
Le litige porte sur la location de deux appartements situés à Fiyégnon-Houta-Godomey, un quartier d’Abomey-Calavi. Les locataires affirment avoir signé un contrat de bail le 26 septembre 2022, avec un loyer mensuel de 600 000 FCFA par appartement, soit un total de 1 200 000 FCFA.
Selon eux, ils auraient versé à leur propriétaire la somme de 9 800 000 FCFA, couvrant les loyers jusqu’en avril 2023. Cependant, en mars 2023, ils auraient reçu un préavis de libération des lieux, qu’ils jugent « irrégulier ».Les plaignants accusent la propriétaire d’avoir changé les serrures des appartements, les privant d’accès à leurs biens de juillet à octobre 2023. Ils déclarent que leurs effets personnels n’ont été récupérés qu’après intervention, et estiment qu’un trop-perçu de 200 000 FCFA leur est dû.
Ils allèguent également que l’un des locataires, une dame, aurait été contrainte sous pression policière de signer une reconnaissance de dette de 7 200 000 FCFA, qu’ils considèrent sans fondement, affirmant qu’aucune dette n’était en suspens.
Les revendications des locataires
Dans leur recours, les locataires ont formulé six demandes principales à savoir: rejeter toute nullité de l’acte introductif d’instance; condamner la propriétaire à payer 8 000 000 FCFA de dommages-intérêts; restituer les 200 000 FCFA correspondant au trop-perçu; annuler ou juger sans objet la reconnaissance de dette de 7 200 000 FCFA; rejeter les demandes de remise en état des lieux; refuser la condamnation au paiement des 7 200 000 FCFA réclamés par la défenderesse.
La position de la propriétaire.
La propriétaire a contesté ces affirmations, soutenant que les locataires ne respectaient pas leurs obligations financières. Elle a affirmé avoir découvert fin octobre 2023 que l’un des locataires déménageait des biens de manière clandestine, tout en étant en défaut de paiement.Elle a réfuté l’accusation de contrainte dans la signature de la reconnaissance de dette, affirmant que le montant reflète les loyers impayés.
Elle a également réclamé 8 400 000 FCFA pour des arriérés de loyers, couvrant la période de mars à octobre 2023, ainsi que 364 200 FCFA pour les frais de remise en état des lieux. Enfin, elle a demandé l’exécution provisoire sur minute pour la moitié des condamnations pécuniaires.
La décision du tribunal
Après examen du dossier, le tribunal a conclu que les locataires étaient effectivement en défaut de paiement. Lors de l’audience publique du 7 novembre 2024, ils ont été condamnés à verser: 4 600 000 FCFA pour les arriérés de loyers et 2 000 000 FCFA pour les frais de remise en état des lieux. L’exécution provisoire a été rejetée, et les locataires ont été condamnés aux dépens.
Cependant, la cour a également condamné la propriétaire à payer 2 000 000 FCFA aux locataires en dommages-intérêts pour trouble de jouissance. Par ailleurs, la reconnaissance de dette de 7 200 000 FCFA signée par l’un des locataires a été annulée par le tribunal.













