🇨🇲🗳️ Présidentielle 2025 au Cameroun : Maurice Kamto lance officiellement sa candidature, face à un Paul Biya indéboulonnable
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✍️ Article rédigé par Christ | Dunia News – L’Afrique en récit, l’info avec rigueur
À moins de trois mois de la prochaine élection présidentielle au Cameroun, le paysage politique entre dans une phase décisive. Ce vendredi 18 juillet 2025, Maurice Kamto, figure centrale de l’opposition camerounaise, a déposé son dossier de candidature au siège de l’Elecam (Elections Cameroon), l’organe en charge de l’organisation des élections dans le pays.
Un geste hautement symbolique et stratégique, dans un contexte où le président Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 43 ans, a confirmé son intention de briguer un nouveau mandat, relançant les interrogations sur la vitalité démocratique du Cameroun.
Cette fois, Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), n’y va pas seul. Il bénéficie du soutien du MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), un parti à l’ancrage panafricaniste et anticolonialiste, qui a officialisé son ralliement dans un communiqué publié début juillet.
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Ce soutien marque une tentative de rassemblement de l’opposition, longtemps morcelée, divisée et parfois affaiblie par les répressions successives. Pour beaucoup, c’est la première fois depuis des décennies qu’une coalition crédible se forme pour faire face au système Biya.
La scène politique camerounaise reste dominée par l’hégémonie du RDPC, le parti au pouvoir, qui s’appuie sur un appareil d’État solidement ancré dans l’administration, les forces de sécurité et les circuits de communication.
Les dernières élections ont été entachées d’accusations de fraudes, de restrictions à la liberté de manifester et d’arrestations d’opposants. Maurice Kamto lui-même avait été arrêté en 2019, après avoir contesté les résultats de la présidentielle de 2018 qu’il avait revendiquée comme une victoire volée.
Aujourd’hui encore, les observateurs redoutent des tensions, des intimidations, voire des violences, dans un climat politique toujours marqué par la crise anglophone, les inégalités régionales et une jeunesse en quête d’alternance.
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À 92 ans, le président Paul Biya est le plus vieux chef d’État encore en exercice sur le continent. Arrivé au pouvoir en 1982, il incarne pour ses partisans la stabilité et l’expérience, mais pour une large frange de la population, notamment les jeunes, il représente un système figé, déconnecté des réalités modernes et fermé au changement démocratique.
Sa candidature à un nouveau mandat en 2025 a été accueillie avec incrédulité par une partie de l’opinion, alors même que les défis économiques, sécuritaires et sociaux s’accumulent dans le pays.
Au-delà du Cameroun, la présidentielle d’octobre 2025 sera scrutée de près dans toute l’Afrique centrale. Dans une région marquée par les coups d’État, les transitions forcées ou les blocages institutionnels, le Cameroun reste une pièce maîtresse du puzzle géopolitique régional.
Le scrutin s’annonce donc comme un test grandeur nature de la capacité du pays à organiser une élection crédible, transparente et apaisée. Les regards sont tournés vers l’Elecam, la société civile, et les organisations internationales qui seront appelées à observer le processus électoral.
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Avec ce dépôt officiel, Maurice Kamto ouvre véritablement la campagne présidentielle. Mais le chemin reste semé d’embûches : accréditation des observateurs, accès équitable aux médias, sécurité des meetings, neutralité de l’administration… Autant de défis à relever pour garantir une compétition juste.
Dans les rues de Douala, de Yaoundé ou de Bafoussam, la jeunesse attend des actes, pas des slogans. Elle réclame du renouveau, de l’emploi, de la justice et de la transparence. Le scrutin d’octobre dira si le Cameroun est prêt à tourner une page, ou s’il prolongera l’histoire d’un pouvoir sans fin.
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