🇹🇬 TOGO : ENTRE MANIPULATIONS EXTÉRIEURES ET RESPONSABILITÉ INTÉRIEURE
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Une lecture lucide d’une révolte mal comprise
Avec les yeux ouverts et le cœur sincère, je partage ici une réflexion sur la situation politique actuelle du Togo.
Non pas pour défendre un camp, mais pour éclairer un peuple souvent égaré par des forces invisibles qui tirent les ficelles de sa colère.
Un peuple en quête d’air et de justice
Oui, le peuple togolais a raison de s’indigner.
La vie chère, le chômage, les routes dégradées, le manque d’opportunités et d’espoir créent une frustration réelle, profonde et légitime.
Le mouvement de contestation né autour du M66 n’est pas une illusion : il est l’expression d’une jeunesse fatiguée d’attendre, d’une génération qui veut respirer et exister.
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Mais derrière cette colère populaire, se cachent aussi des mains invisibles.
L’histoire de l’Afrique nous enseigne une constante : chaque fois qu’un dirigeant tente de sortir du carcan colonial et de diversifier ses alliances — notamment vers la Russie ou d’autres puissances émergentes —, il devient la cible d’une guerre d’influence.
Ce que vit Faure Gnassingbé aujourd’hui n’est pas sans rappeler le sort de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ou de Mamadou Tandja au Niger : la punition de l’indépendance.
Le Togo, un terrain de bataille géopolitique
Petit par la taille mais grand par sa position stratégique, le Togo reste un maillon clé dans la chaîne d’intérêts français en Afrique de l’Ouest.
Chaque fissure politique y devient une porte ouverte aux ingérences étrangères.
Dès que Lomé s’oriente vers Moscou, Pékin ou Ankara, certains réseaux franco-africains s’agitent : trahison, disent-ils.
Alors, on souffle sur les braises, on finance les divisions, on manipule la colère pour transformer la contestation en chaos.
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La méthode est ancienne : affaiblir de l’intérieur pour mieux contrôler de l’extérieur.
Analyse politique : le dilemme du pouvoir et de la légitimité
Le régime togolais vit une contradiction historique : il veut préserver la stabilité tout en cherchant à se légitimer auprès d’une jeunesse qui ne croit plus aux anciens modèles politiques.
Cette jeunesse, connectée, instruite et consciente des enjeux mondiaux, refuse désormais les discours figés et réclame des actes concrets.
Faure Gnassingbé, malgré une volonté apparente de réforme et d’ouverture, reste perçu comme l’héritier d’un système figé.
Or, dans le contexte actuel, le pouvoir doit muter ou périr : il ne suffit plus de garantir la sécurité, il faut désormais offrir la dignité.
La question fondamentale n’est donc pas “Faure doit-il partir ?”, mais plutôt : “Le Togo a-t-il trouvé un modèle politique capable de concilier autorité et liberté ?”
Car le risque pour le pays n’est pas seulement la chute d’un régime, mais la désintégration du socle social, ce ciment fragile qui maintient encore la paix civile.
Les acteurs politiques de l’opposition ont aussi une responsabilité : celle de ne pas se laisser instrumentaliser par des forces extérieures avides d’instabilité pour mieux piller.
Deux poids, deux mesures : la justice des “amis” et celle des “insoumis”
Une question s’impose : pourquoi un mandat d’arrêt international lancé par le Togo contre ses ressortissants de M66 en France n’a-t-il pas abouti, alors que celui du Sénégal contre le journaliste Madiambal Diagne a été exécuté sans délai ?
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La réponse tient en un mot : intérêts.
La France et le Sénégal entretiennent une coopération judiciaire exemplaire.
Le Sénégal est perçu à Paris comme un partenaire fidèle, un pays « ami » dans la tradition francophone.
Le Togo, lui, est désormais regardé avec méfiance, parce qu’il cherche à tracer sa propre voie.
Ainsi, la justice française applique les mandats selon la couleur politique du pays demandeur :
rapide et docile pour les “amis”, lente et silencieuse pour les “insoumis”.
Car souvent, la justice internationale obéit plus à la diplomatie qu’au droit.
Progrès fragile, mais réel
Soyons honnêtes : le Togo d’aujourd’hui n’est plus celui de 2005.
Tout n’est pas parfait, certes, mais les jeunes peuvent désormais rêver d’une moto, d’un terrain, d’un petit foyer — même dans la difficulté.
L’économie informelle nourrit des milliers de familles, et une certaine stabilité politique permet à plusieurs de se construire lentement.
Ce progrès reste fragile, mais il est réel.
Notre devoir n’est pas de tout détruire, mais d’améliorer.
Réclamons des routes, des écoles, des emplois, mais préservons la paix, car la guerre ne profite jamais au peuple — seulement à ceux qui la provoquent.
Analyse politique : le piège des fausses révolutions
L’Afrique a trop souvent confondu révolte et révolution.
Les révoltes naissent du ventre vide, les révolutions naissent de la tête pleine.
Tant que nos mouvements populaires seront financés ou téléguidés de l’extérieur, ils échoueront à libérer nos peuples.
Le Togo doit donc inventer sa propre révolution : celle de la conscience citoyenne.
Celle qui ne casse pas, mais qui construit.
Celle qui ne cherche pas à imiter les modèles étrangers, mais à inventer un modèle togolais de gouvernance participative et équitable.
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Le véritable défi du pays n’est plus de changer d’homme, mais de changer de mentalité politique.
Le jour où le peuple et le pouvoir comprendront qu’ils sont condamnés à coexister pour survivre, le Togo aura fait sa révolution la plus silencieuse… et la plus belle.
Révolution de la conscience
Ne soyons pas dupes.
La véritable révolution, ce n’est pas de brûler un drapeau, c’est de bâtir une conscience.
Réclamons plus de transparence, de justice et de participation citoyenne, sans offrir notre pays à de nouveaux maîtres.
“Ne vends pas le voleur que tu connais pour aller acheter un sorcier que tu ne connais pas.”
— Proverbe africain
Travaillons avec lucidité, non avec haine.
Collaborons avec le pouvoir, non pour nous soumettre, mais pour bâtir ensemble un Togo digne, debout et souverain.
Le salut du Togo viendra du Togo
La politique togolaise est un miroir : elle reflète nos blessures et nos espoirs.
Elle n’est ni totalement sombre, ni totalement lumineuse — elle est à notre image, complexe et vivante.
Mais une vérité demeure : le salut du Togo viendra du Togo.
Et tant que nous resterons divisés, la colonisation continuera de triompher — sans tirer une seule balle.
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✍🏽 Rédaction : Tossoukpe Frédéric Herman
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