16 jours d’engagement : Quand la violence psychologique lacère sans laisser de traces

Votre Pub ici !

Partager cet article
16 jours d’engagement : Quand la violence psychologique lacère sans laisser de traces

Du 25 novembre au 10 décembre, les 16 jours d’activisme rappellent que la lutte contre les violences faites aux femmes exige une attention particulière à ce qui ne se voit pas. La violence psychologique, invisible mais persistante, provoque des blessures que les mots creusent lentement mais sûrement. Et lorsqu’elle s’installe dans les foyers, elle détruit silencieusement des vies.

« Les mots peuvent tuer plus discrètement que les coups »

Awa Lo en a fait l’amère expérience. Mariée depuis deux ans, elle décrit un quotidien marqué par les reproches incessants de son époux.
« Mon mari ne réalise pas à quel point il est violent dans ses propos », confie-t-elle. Absence de mots doux, critiques systématiques, insatisfaction permanente : pour Awa, vivre avec des paroles blessantes est devenu un fardeau quotidien.

À lire aussi : Youssou Ndour sacré au Grand Prix Sacem 2025 : un hommage renouvelé à une icône de la world music

Mamy Diokhané, 28 ans, porte encore en elle les séquelles des moqueries de son enfance :
« Pata pouf, mbeur mii… J’avais l’impression que mon corps était une cible. Je me repassais ces mots en boucle », se souvient-elle.
Aujourd’hui, elle affirme avoir acquis un mental plus solide, mais reconnaît que le chemin fut long : « Personne n’a le droit de réduire l’autre à son apparence. J’ai appris à me protéger ».

Une violence banalisée mais profondément destructrice

La psychologue Madjiguène Sarr rappelle que la violence psychologique « est l’une des violences les plus fréquentes mais aussi l’une des plus minimisées ».
Insidieuse, elle s’impose dans les sarcasmes, les humiliations répétées, les manipulations, les petites phrases qui semblent anodines mais qui fissurent l’estime de soi.

« Cette violence agit par répétition, comme une pluie fine qui finit par traverser la pierre », dit-elle.
La spécialiste insiste : fausses accusations, injures, dénigrement, infantilisation, plaisanteries blessantes… tout cela participe d’un climat psychologiquement violent.

Au Sénégal, cette forme de violence est souvent banalisée.
« Parce qu’elle ne laisse pas de cicatrices visibles, on la normalise, on la justifie, parfois on la rit même. C’est ce qui la rend dangereuse », ajoute-t-elle.

À lire aussi : Drépanocytose au Sénégal : comprendre la maladie, les avancées médicales et les réalités vécues par les patients

La parole de l’imam Babacar Diop : « Une blessure du cœur vaut mille fractures du corps »

L’imam-chroniqueur Babacar Diop, engagé depuis plusieurs années sur les questions éthiques et familiales, met en garde contre « la violence des mots qui brise l’âme ».
Dans l’une de ses chroniques, il rappelle :

« Dieu a fait des mots une miséricorde quand ils consolent, mais une arme quand ils humilient. Une blessure du cœur vaut mille fractures du corps. » — Imam Babacar Diop

Il souligne aussi une évidence spirituelle trop souvent négligée :

« Celui qui humilie détruit une créature que Dieu a honorée. La violence psychologique est une trahison de l’éthique musulmane du bien-être familial. » — Imam Babacar Diop

Pour lui, « la violence psychologique est un péché discret, mais grave, car elle se cache derrière le sourire et la normalité ».

Des conséquences psychiques lourdes

Madjiguène Sarr rappelle que cette violence « agit directement sur le psychisme et peut, dans certains cas, être plus grave que la violence physique ».
Anxiété, dépression, stress chronique, perte d’estime de soi, isolement, idées suicidaires : les conséquences sont multiples et profondes.

L’imam Babacar Diop renchérit dans une parole souvent citée par ses fidèles :

« Un foyer peut mourir d’un mot répété, comme une plante qui meurt d’une goutte de poison chaque jour. » — Imam Babacar Diop

Dire non, se protéger, demander de l’aide

À lire aussi : Bissau dans l’attente : deux camps s’autoproclament vainqueurs, la CNE au centre de toutes les tensions

La psychologue recommande aux victimes de reconnaître la violence, de poser des limites, et de consulter un spécialiste.
L’imam Diop, lui, appelle à une prise de conscience spirituelle et morale :

« Se taire devant l’injustice verbale, c’est laisser l’âme s’éteindre. Toute femme ou tout homme a le droit de dire : je mérite le respect. » — Imam Babacar Diop

Les 16 jours d’activisme rappellent que la lutte contre les violences passe aussi par un changement de langage. Car chaque parole peut guérir… ou détruire.

imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci