17 janvier 1961 : Patrice Lumumba, une voix africaine réduite au silence
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Le 17 janvier 1961 reste une date sombre dans l’histoire de l’Afrique contemporaine. Ce jour-là, Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre du Congo indépendant et figure emblématique de l’anticolonialisme africain, est assassiné après plusieurs semaines de détention marquées par des humiliations, des mauvais traitements et des tortures.
Élu démocratiquement à la suite de l’indépendance du Congo en juin 1960, Patrice Lumumba incarnait l’espoir d’une rupture nette avec l’ordre colonial. Son ambition était claire : bâtir un État réellement souverain, maître de ses choix politiques, de son économie et de ses immenses ressources naturelles.
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Une vision qui se heurtait frontalement aux intérêts de l’ancienne puissance coloniale belge et aux logiques géopolitiques de la guerre froide.
Très rapidement, Lumumba devient une figure jugée dangereuse par les puissances occidentales. La Belgique, soucieuse de conserver son influence sur les richesses minières congolaises, trouve un appui décisif auprès des États-Unis. Dans ce contexte, la CIA soutient les manœuvres visant à l’écarter du pouvoir. Le coup d’État du colonel Joseph-Désiré Mobutu, en septembre 1960, ouvre la voie à son arrestation puis à son élimination physique.
Son assassinat, perpétré avec la complicité active d’acteurs étrangers et de relais locaux, plonge le Congo dans une longue période de dictature, de néocolonialisme et d’instabilité politique dont le pays porte encore les stigmates. Mobutu s’imposera pendant plus de trois décennies à la tête de l’État, avec le soutien des mêmes puissances qui avaient combattu Lumumba.
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Au-delà du drame congolais, la mort de Patrice Lumumba a une portée symbolique mondiale. Elle incarne le prix payé par de nombreux leaders africains qui ont tenté de défendre une indépendance véritable face aux intérêts impérialistes. Lumumba devient alors une figure de résistance, un symbole d’une Afrique debout, refusant la domination et revendiquant sa dignité.
Plus de six décennies après son assassinat, sa parole continue d’inspirer les luttes pour la souveraineté, la justice et l’émancipation des peuples, bien au-delà des frontières du Congo.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













