À Paris, une mobilisation grandissante dénonce la tragédie humanitaire à Gaza

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À Paris, une mobilisation grandissante dénonce la tragédie humanitaire à Gaza

Ce samedi après-midi, la capitale française a été le théâtre d’une manifestation d’ampleur inhabituelle, à l’initiative de plusieurs collectifs pro-palestiniens. Partant de la station de métro Trinité, une foule dense et hétéroclite — étudiants, familles, militants associatifs, défenseurs des droits humains — a convergé pour dénoncer la situation dramatique dans la bande de Gaza, où les civils, pris au piège des hostilités, font face à une crise humanitaire sans précédent.

Sous les drapeaux palestiniens flottant au vent et au son des slogans « Stop au génocide ! », « Liberté pour la Palestine ! », et « Silence complice, honte à Macron ! », les manifestants ont exprimé une colère sourde contre ce qu’ils considèrent comme l’inaction des puissances occidentales, et particulièrement de la France. « Laissez passer les camions » pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes, en référence au blocus imposé par Israël sur l’acheminement de l’aide humanitaire vitale.

Organisée en urgence par CAPJPO-EuroPalestine et d’autres collectifs solidaires, la mobilisation visait à rompre ce que les participants qualifient de « blackout médiatique » autour du drame en cours à Gaza. Plusieurs prises de parole ont rythmé la manifestation, dénonçant les bombardements répétés sur les infrastructures civiles, la destruction des hôpitaux, l’assèchement des ressources alimentaires et la soif mortelle imposée à la population. Les discours ont rappelé l’obligation légale pour les États, en vertu du droit international humanitaire, de protéger les civils en temps de guerre.

Un blocus meurtrier et une famine orchestrée

Depuis mars 2025, l’accès de l’aide humanitaire à Gaza est presque totalement bloqué. Selon de nombreuses ONG telles qu’Oxfam, Médecins du Monde, et le Norwegian Refugee Council, cette situation pourrait conduire à un effondrement complet des structures d’assistance. Le blocus, invoqué par Israël pour des raisons de sécurité, est de plus en plus dénoncé comme une mesure de punition collective interdite par les Conventions de Genève.

L’ONU et plusieurs organisations humanitaires tirent la sonnette d’alarme : des milliers d’enfants sont menacés de malnutrition aiguë, les maladies se propagent faute d’accès aux soins de base, et les coupures d’eau et d’électricité aggravent une situation déjà critique. Les manifestants parisiens, bien conscients de ces réalités, ont souligné l’urgence d’une réaction internationale forte, appelant à la levée immédiate du blocus et à l’acheminement sans entrave de l’aide.

Une hémorragie humaine ignorée

Depuis la reprise massive des violences le 18 mars 2025, près de 2 000 nouveaux décès ont été recensés parmi les Palestiniens, portant le bilan macabre à plus de 51 000 morts depuis octobre 2023, selon des estimations concordantes issues de plusieurs agences humanitaires. La majorité des victimes sont des civils, parmi lesquels une proportion alarmante d’enfants.

Cette hémorragie humaine se déroule malgré les injonctions de la Cour internationale de Justice, qui, dès janvier 2024, avait ordonné à Israël de « prévenir tout acte de génocide » sur le territoire gazaoui. Par ailleurs, la Cour pénale internationale a émis en novembre 2024 plusieurs mandats d’arrêt contre de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahu, pour crimes de guerre présumés. Ces mandats, toutefois, peinent à produire des effets concrets, en raison notamment des soutiens diplomatiques dont bénéficie Israël.

Silence officiel et indignation populaire

Les manifestants ont exprimé une indignation particulière à l’égard de l’attitude du gouvernement français. Accusée de passivité, voire de complicité tacite par son silence, la France, puissance membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, est sous le feu des critiques pour n’avoir pas exercé de pression suffisante pour un cessez-le-feu immédiat et l’envoi massif d’aide humanitaire.

« Nous ne pouvons pas détourner les yeux pendant qu’un peuple entier est privé d’eau, de nourriture et de soins », a déclaré l’un des intervenants, militant d’une organisation humanitaire. Il a également appelé la population française à « faire pression sur ses élus » pour exiger une rupture nette avec toute politique de deux poids deux mesures dans la défense des droits humains.

En dépit de l’absence de relais majeur dans les grands médias audiovisuels français, les organisateurs ont salué une participation qu’ils estiment en forte croissance et ont d’ores et déjà annoncé d’autres mobilisations à Paris et dans d’autres grandes villes dans les semaines à venir.

Un bras de fer diplomatique à l’horizon

Sur la scène internationale, la crise à Gaza s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées. Les positions traditionnellement protectrices des États-Unis vis-à-vis d’Israël compliquent toute résolution rapide du conflit. En Europe, les opinions publiques semblent de plus en plus sensibles au sort des Palestiniens, mais les gouvernements avancent encore à pas prudents, redoutant les répercussions diplomatiques et sécuritaires.

Les mobilisations citoyennes, comme celle de Paris, tentent d’imposer une pression par le bas, en forçant les gouvernements à reconsidérer leur approche. Mais pour les manifestants, chaque jour compte : à Gaza, c’est la survie immédiate de milliers d’êtres humains qui est en jeu.

Dans un climat international instable, la lutte pour Gaza devient aussi un test : celui de la capacité de la communauté internationale à faire respecter les principes les plus fondamentaux du droit humanitaire face aux réalités brutales de la géopolitique contemporaine.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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