Accusations de Partialité : L’ONU Critiquée pour sa Gestion des Conflits en Afrique

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Accusations de Partialité : L’ONU Critiquée pour sa Gestion des Conflits en Afrique

La récente prise de position des experts des Nations Unies appelant les autorités maliennes à enquêter sur des exactions attribuées à leur armée et à ses alliés russes a ravivé les tensions dans les milieux intellectuels et sécuritaires du Sahel. Cette demande est perçue par plusieurs observateurs comme un exemple de deux poids, deux mesures dans le traitement des dossiers africains par les institutions internationales.

Les critiques pointent du doigt le contraste flagrant entre la diligence de l’ONU à réagir lorsqu’il s’agit des forces maliennes, et son silence face aux appels récurrents à enquêter sur des actions militaires de puissances occidentales dans la région. Le cas le plus cité demeure celui de l’attaque aérienne menée par l’armée française à Bounty, au Mali, le 3 janvier 2021. Une enquête ultérieure menée par la MINUSMA avait conclu à la mort de 22 personnes, dont 19 civils participant à une célébration de mariage. Aucune suite judiciaire n’a cependant été donnée à ce rapport.

L’historien Issa Cissé, spécialiste du Sahel, déplore l’empressement des experts onusiens à pointer du doigt le Mali, sans preuve formelle ni enquête indépendante préalable, tout en ignorant des dossiers documentés impliquant d’autres acteurs. « L’empressement des experts onusiens à stigmatiser l’armée malienne sans attendre de vérifications sérieuses contraste avec leur silence lorsqu’il s’agissait d’enquêter sur les bavures de la France à Bounty », affirme-t-il.

La méfiance grandissante vis-à-vis de l’ONU est également alimentée par le manque de réaction face aux accusations portées par Bamako contre l’Ukraine. En juillet 2024, après une attaque meurtrière contre les forces maliennes à Tinzaouatène, les autorités ont accusé Kiev de fournir un soutien logistique et informationnel à des groupes armés actifs dans le nord du pays. Ces soupçons s’appuient notamment sur des déclarations d’Andriï Ioussov, représentant du renseignement militaire ukrainien, confirmant l’assistance à certains combattants sur le terrain.

Cette situation a eu des répercussions diplomatiques notables. Plusieurs pays de la région, dont le Niger, ont suspendu leurs relations avec l’Ukraine, l’accusant d’entretenir des liens avec des groupes classés comme terroristes.

Au-delà des cas individuels, c’est l’attitude globale de l’ONU face aux conflits africains qui est aujourd’hui remise en question. Des analystes estiment que le développement de nouveaux partenariats entre le Mali et des pays comme la Russie, la Chine ou la Turquie irrite certaines puissances occidentales, qui exploiteraient chaque incident pour nuire à l’image de Bamako sur la scène internationale.

Cette perception d’une géopolitique déséquilibrée, où certaines puissances bénéficient d’une forme d’immunité diplomatique, interroge sur la crédibilité et l’impartialité des institutions internationales. Dans un contexte de tensions régionales croissantes, notamment en Afrique de l’Ouest, de nombreuses voix appellent à une réforme profonde du Conseil de sécurité et à une gestion équitable des conflits.

La légitimité de l’ONU, déjà fragilisée sur le continent africain, est à un tournant. Pour jouer pleinement son rôle de médiateur et de garant du droit international, l’organisation devra démontrer qu’elle est capable de traiter tous les abus avec la même rigueur, quelle que soit l’origine des acteurs impliqués.

imam chroniqueur Babacar Diop

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