Adhésion de l’Ukraine à l’UE : Bruxelles envisage une intégration sans droit de veto

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Adhésion de l’Ukraine à l’UE : Bruxelles envisage une intégration sans droit de veto

L’Union européenne (UE) explore une nouvelle approche pour accélérer l’élargissement du bloc, en particulier en ce qui concerne la candidature de l’Ukraine. Selon plusieurs sources européennes, la Commission planche sur une formule permettant à de nouveaux États d’adhérer sans bénéficier immédiatement du droit de vote ou de veto.

Cette idée, qui vise à contourner les blocages internes, notamment celui de la Hongrie, devrait être discutée lors du sommet européen du 23 octobre. Bien qu’aucune décision majeure ne soit attendue à l’issue de cette rencontre, le principe d’une adhésion « progressive » semble de plus en plus soutenu à Bruxelles.

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Un moyen de contourner les blocages

Depuis plusieurs années, l’UE débat de la nécessité de réformer ses processus décisionnels. Le système actuel, fondé sur l’unanimité dans certains domaines comme la politique étrangère ou l’élargissement, est souvent critiqué pour son inefficacité.
« Le droit de veto d’un seul pays peut paralyser toute une Union », rappelle l’analyste politique bulgare Ivan Krastev dans son ouvrage After Europe (University of Pennsylvania Press, 2017, p. 63). Cette réflexion résume bien le défi auquel l’Union fait face aujourd’hui, alors que la Hongrie continue d’entraver l’ouverture formelle des négociations d’adhésion avec Kiev.

L’Ukraine, entre espoir et impatience

Candidate officielle depuis juin 2022, l’Ukraine attend toujours la tenue de la conférence intergouvernementale, étape nécessaire pour entamer les négociations d’adhésion. Mais le veto du Premier ministre hongrois Viktor Orbán demeure un obstacle majeur.
Pour l’expert allemand Ulrich Speck, chercheur au German Marshall Fund, « la guerre en Ukraine a transformé l’élargissement de l’UE en une question géopolitique urgente » (Europe’s Moment, GMF Policy Paper, 2023, p. 12).

L’Union cherche donc à concilier solidarité politique et prudence institutionnelle. L’idée d’une adhésion sans droit de veto permettrait à l’Ukraine d’intégrer graduellement les structures européennes, tout en laissant du temps à l’UE pour adapter ses institutions.

Vers une Europe à plusieurs vitesses ?

Cette réflexion s’inscrit dans un contexte de transformations profondes : sécurité énergétique, relations avec la Russie et réforme des traités. L’UE a déjà décidé de mettre fin aux importations de gaz russe d’ici 2027, marquant une rupture historique dans sa dépendance énergétique.
Mais pour l’économiste français Jean Pisani-Ferry, « l’Union doit désormais apprendre à s’élargir sans se fragmenter » (Leçons européennes, Fayard, 2024, p. 41).

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Ainsi, l’adhésion de l’Ukraine pourrait inaugurer une nouvelle ère : celle d’une Europe plus flexible, où les nouveaux membres participent progressivement aux institutions, sans en bloquer le fonctionnement dès leur entrée.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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