Affaire Epstein : des noms jusque-là censurés dévoilés au Congrès américain, relançant le débat sur la transparence
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Une nouvelle phase de l’affaire Jeffrey Epstein s’ouvre aux États-Unis avec la publication d’informations sensibles longtemps restées masquées dans les archives judiciaires. À Washington, des élus du Congrès ont levé le voile sur plusieurs identités qui figuraient dans les dossiers rendus publics, mais dissimulées par des expurgations opérées par le département de la Justice.
Après l’adoption d’une loi visant à rendre plus transparents les documents liés au financier américain, des millions de pages ont été consultées. Toutefois, de nombreux passages comportaient encore des bandes noires, alimentant les soupçons sur les critères de confidentialité retenus par les autorités fédérales. Les représentants Ro Khanna (démocrate) et Thomas Massie (républicain) ont ainsi accédé aux versions non censurées et estimé que certaines dissimulations ne relevaient pas de la protection des victimes.
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Lors d’une intervention publique, Ro Khanna a révélé six noms d’hommes dont l’identité avait été supprimée des documents accessibles au public. Selon les informations relayées par la presse internationale, dont Al Jazeera, ces personnes apparaissaient dans les archives sans que leur anonymisation soit juridiquement justifiée, du moins selon les élus à l’origine de la divulgation.
Parmi les noms cités figure Leslie Wexner, homme d’affaires américain et ancien propriétaire de la marque Victoria’s Secret. Un rapport interne du FBI daté d’août 2019 le mentionnerait comme « co-conspirateur » de Jeffrey Epstein. Aucune poursuite judiciaire n’a toutefois été engagée contre lui à ce jour. La présence de cette qualification dans un document d’enquête, jusque-là masquée, relance néanmoins les interrogations sur la nature de ses relations avec le financier.
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Un autre nom mis en avant est celui de Sultan Ahmed bin Sulayem, dirigeant du groupe logistique DP World. Les archives évoquent des échanges réguliers avec Epstein sur plusieurs années, mêlant conversations professionnelles et commentaires personnels. La levée des censures a permis d’attribuer à l’un de ses courriels une réponse jugée troublante par certains observateurs. Là encore, ces éléments ne constituent pas en eux-mêmes des accusations pénales, mais alimentent le débat sur l’étendue du réseau relationnel d’Epstein.
Quatre autres personnes ont été citées par les élus : Salvatore Nuara, Zurab Mikeladze, Leonic Leonov et Nicola Caputo. Moins connues du grand public, elles apparaissaient également sous forme caviardée dans les documents. Ro Khanna a dénoncé ce qu’il qualifie d’opacité excessive, estimant que le Congrès n’aurait pas dû intervenir pour rendre ces noms visibles.
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De son côté, le département de la Justice défend sa pratique d’expurgation en invoquant la protection de la vie privée, la sécurité des victimes et le risque d’associer à tort certains individus à des crimes. Les autorités rappellent que figurer dans des archives d’enquête ne signifie pas être inculpé ni reconnu coupable.
Ces nouvelles révélations s’inscrivent dans un mouvement plus large de déclassification des dossiers Epstein. Elles contribuent à mieux comprendre l’étendue des relations du financier avec des personnalités influentes, tout en relançant la discussion sur l’équilibre entre transparence judiciaire, intérêt public et respect des droits individuels.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













