Afrique du Sud: le procès de Duduzile Zuma ravive les braises de juillet 2021
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Le tribunal de Durban s’est réveillé hier avec un parfum de passé tourmenté. Duduzile Zuma-Sambudla, fille de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma, y a ouvert un chapitre crucial de son histoire judiciaire en plaidant non-coupable aux accusations d’incitation au terrorisme et à la violence publique. À 43 ans, elle se retrouve au cœur d’un dossier qui renvoie l’Afrique du Sud à l’un de ses épisodes les plus chaotiques depuis la fin de l’apartheid.
L’affaire remonte à juillet 2021, lorsque l’arrestation de Jacob Zuma pour outrage à la justice avait déclenché une semaine d’émeutes, de pillages et d’incendies criminels dans plusieurs régions du pays. Les provinces du KwaZulu-Natal et du Gauteng avaient été les plus touchées, emportées par une vague de colère populaire devenue incontrôlable. Au moins 300 morts et quelque 2,8 milliards de dollars de dégâts avaient alors été recensés, dessinant une cicatrice encore vive dans la mémoire nationale.
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Duduzile Zuma-Sambudla est accusée d’avoir alimenté l’incendie par une série de messages diffusés sur les réseaux sociaux durant ces événements meurtriers. Le parquet soutient que ses publications auraient contribué à attiser les violences, un argument rejeté avec fermeté par la principale intéressée. Depuis le début, elle dénonce une affaire montée de toutes pièces pour affaiblir son père, qui avait fondé son propre parti après avoir rompu avec le Congrès national africain (ANC).
Son avocat parle d’un dossier « fragile », construit sur des interprétations « excessives » de simples opinions partagées en ligne. Pour les soutiens de Duduzile, ce procès ressemble à une ombre politique s’étendant sur l’arène judiciaire. Pour ses détracteurs, il s’agit d’un test crucial pour la responsabilité publique à l’ère des réseaux sociaux.
Alors que le procès suit son cours, l’Afrique du Sud retient son souffle. La salle d’audience de Durban se transforme en théâtre où se joue bien plus qu’une affaire individuelle. Elle devient le miroir d’un pays encore traversé de tensions politiques, d’inégalités profondes et de loyautés fragmentées.
Reste à savoir si la justice pourra, dans ce tumulte, tracer une ligne claire entre liberté d’expression et incitation à la violence dans un monde où les mots circulent plus vite que les feux qu’ils peuvent allumer ou éteindre.
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Imam chroniqueur
Babacar Diop













