Amazonie : quand la forêt reprend la parole
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Depuis le hublot d’un avion, l’Amazonie ressemble à une mer d’émeraude sans fin, étalant ses vagues de canopées serrées, ses brumes flottant au-dessus de clairières perdues. Une immensité sur neuf pays, dont 60 % situés au Brésil. Mais cet océan vert étouffe : déforestation, exploitation minière, agriculture intensive, feux de brousse — autant de blessures ouvertes. Rien qu’en 2024, près de 10 000 km² de forêt ont disparu, selon les chiffres du gouvernement brésilien.
L’Amazonie est pourtant un pilier du monde :
un régulateur climatique global,
un réservoir de biodiversité unique,
une source vitale d’eau douce,
la maison de millions d’espèces et de centaines de peuples autochtones,
un gigantesque puits de carbone indispensable aux équilibres planétaires.
Belém, là où l’Amazonie n’était plus un décor
Pour la première fois dans une Conférence climat, à Belém, la forêt n’a pas été un paysage exotique en arrière-plan. Elle a été le sujet, l’enjeu, la bataille. Depuis trop longtemps, l’Amazonie incarne les contradictions du développement :
indispensable à l’humanité,
convoitée par l’agrobusiness,
sanctuaire de biodiversité,
grignotée par les mines, le soja et l’orpaillage.
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À la COP 30, ces contradictions ont été posées sur la table. Et c’est le Brésil qui a surpris, non par des discours, mais par des engagements concrets :
extension des zones protégées,
renforcement des moyens de surveillance,
coopération renouvelée avec les autres États amazoniens,
engagement affiché vers une déforestation quasi nulle.
Il y a quelques années, un tel programme aurait semblé utopique. Aujourd’hui, il devient clair qu’sans l’Amazonie, aucun combat climatique n’est gagnable.
Quand les peuples autochtones deviennent les architectes du futur
Les peuples autochtones ont gagné une visibilité inédite. Leur message, simple et implacable, a résonné dans les salles de négociation : protéger la forêt commence par protéger ceux qui y vivent. Le constat est sans appel : leurs territoires sont les zones les mieux préservées du continent. Leur reconnaissance n’est plus un geste symbolique — c’est une condition écologique.
Une COP ancrée dans le réel
À Belém, le centre de gravité s’est déplacé.
Habituellement, tout tourne autour du carbone, des marchés, des chiffres. Là, le débat s’est enraciné dans la matérialité de la forêt. Elle a pris la même place que le climat et l’économie.
Le chemin reste toutefois fragile. Le Brésil devra prouver que ses engagements survivront aux alternances politiques, que les financements suivront, et que les lobbies n’étrangleront pas les promesses avant leur mise en œuvre. L’Amazonie est un géant blessé : elle peut se régénérer, mais elle peut aussi basculer.
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Une responsabilité humaine, universelle
Peu importe où l’on vit — en Afrique, en Europe, en Asie ou en Amérique — la défense de l’Amazonie est devenue un devoir collectif. Comme l’a rappelé l’avocate et militante climatique Farhana Yamin, chacun doit se transformer en « activiste du climat ».
La COP 30 aura eu le mérite essentiel de replacer l’Amazonie au centre de l’équilibre mondial. Pour une fois, la forêt a parlé — et le monde a écouté.
imam chroniqueur
Babacar Diop













