Apprendre comme les champions : les secrets scientifiques de la mémoire
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Comment réviser efficacement sans s’épuiser ? Alors que la période des concours et examens revient chaque année, la question reste cruciale. Les neurosciences ont désormais tranché : certaines méthodes d’apprentissage sont bien plus performantes que d’autres. Finies les relectures passives et les surligneurs fluorescents, place à des stratégies de mémorisation validées par la recherche et les champions de la mémoire.
Quand la science scrute nos manières d’apprendre
En 2013, une équipe de chercheurs américains dirigée par John Dunlosky (Kent State University) a évalué dix des techniques d’apprentissage les plus répandues. Leur méta-analyse, publiée dans Psychological Science in the Public Interest (vol. 14, 2013), a compilé plus de 700 études pour déterminer ce qui fonctionne vraiment.
Résultat : les méthodes les plus populaires – relectures répétées, surlignage intensif – sont parmi les moins efficaces. En revanche, deux pratiques se distinguent : le rappel actif (retrouver l’information sans la relire) et la répétition espacée dans le temps.
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« Chaque fois que l’on tente de se souvenir d’un savoir sans support, on renforce les connexions neuronales qui le soutiennent », explique le neuroscientifique Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France (Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines, Odile Jacob, 2018, p. 77).
Autrement dit, le cerveau apprend en cherchant, pas en relisant.
Des images et des émotions pour mieux retenir
Les champions de la mémoire ne se contentent pas de répéter. Ils associent, visualisent et ressentent. Le psychologue britannique Tony Buzan, inventeur des cartes mentales, affirmait que « le cerveau ne retient pas des mots isolés, mais des images, des émotions et des connexions » (The Mind Map Book, BBC Active, 2010, p. 46).
Créer des liens visuels entre les idées stimule la mémoire associative, un mécanisme fondamental du cerveau humain. Des études récentes en imagerie cérébrale confirment que les aires visuelles s’activent fortement lorsque l’on emploie des métaphores ou des images mentales pendant la révision.
L’importance de l’espacement et du sommeil
L’effet d’espacement, mis en lumière dès le XIXᵉ siècle par Hermann Ebbinghaus, demeure un pilier de l’apprentissage durable. Mieux vaut réviser dix minutes par jour pendant une semaine que deux heures d’un coup la veille d’un examen. Cette méthode permet au cerveau de consolider les souvenirs à long terme.
Le sommeil joue un rôle tout aussi crucial. Selon le neuroscientifique Matthew Walker, de l’Université de Californie à Berkeley, « le sommeil n’est pas une perte de temps : c’est une session naturelle de consolidation de la mémoire » (Why We Sleep, Scribner, 2017, p. 112). Pendant la nuit, le cerveau rejoue les informations de la journée et les transfère vers des zones plus stables du cortex.
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Entre science et spiritualité
Pour le chroniqueur Imam Babacar Diop, ces découvertes font écho à une sagesse ancienne :
« L’apprentissage véritable ne se limite pas à engranger des données. C’est une discipline de l’âme. Ce que ton cœur ressent, ton esprit ne l’oublie jamais. »
Il ajoute :
« Le savoir ne se dépose pas d’un seul coup : il s’infuse lentement, comme la pluie douce qui féconde la terre. »
Une philosophie qui rejoint, d’une certaine manière, les conclusions des neuroscientifiques : la mémoire se renforce par la régularité, l’attention et l’émotion.
Apprendre pour se transformer
Au-delà de la performance, la science de la mémoire nous rappelle une vérité essentielle : apprendre, c’est se transformer. Le Coran le souligne en ces termes :
« Dis : “Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ne sont pas égaux.” » (Sourate Az-Zumar, 39:9)
Ainsi, mémoriser n’est pas seulement un acte académique : c’est une manière d’honorer la faculté divine de comprendre. Comme le résume Imam Babacar Diop :
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« Réviser, c’est aussi se réviser soi-même. Chaque savoir bien ancré est une lumière qui éclaire le monde. »
Imam chroniqueur
Babacar Diop













