Apprendre en agissant : la pédagogie active, une voie pour repenser l’école sénégalaise
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Face aux limites d’un enseignement encore trop centré sur la récitation, la pédagogie active s’impose comme une bouffée d’air neuf pour l’école sénégalaise.
Née des travaux de John Dewey, Maria Montessori et Célestin Freinet, cette approche repose sur une idée simple : l’élève apprend mieux lorsqu’il agit, réfléchit et participe à son propre savoir.
« On ne prépare pas les enfants à la vie, on les fait vivre dès maintenant », écrivait Célestin Freinet (L’Éducation du travail, 1949, p. 27).
L’école devient ainsi un laboratoire vivant, où l’élève expérimente la connaissance au lieu de la subir.
Une pédagogie de l’action et du sens
Pour John Dewey, l’un des fondateurs de cette philosophie éducative, « l’éducation n’est pas une préparation à la vie, c’est la vie même » (Democracy and Education, 1916, p. 43).
Cette vision bouleverse le modèle traditionnel : le maître n’est plus un “chef de savoir” mais un guide, qui accompagne et stimule la curiosité.
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Le chercheur français Philippe Meirieu confirme :
« On n’enseigne pas pour remplir une tête vide, mais pour faire naître un sujet qui pense. »
(Le choix d’éduquer, ESF, 2008, p. 112)
Et comme le souligne le penseur sénégalais Cheikh Hamidou Kane, auteur de L’Aventure ambiguë :
« Nous avons appris à penser comme des Européens, mais nous avons cessé d’être nous-mêmes. »
(1961, p. 45)
Cette phrase trouve une résonance dans le besoin actuel de réconcilier éducation moderne et valeurs culturelles africaines, un défi auquel la pédagogie active peut répondre.
Des méthodes qui réveillent le potentiel
La méthode Montessori (Maria Montessori, L’esprit absorbant de l’enfant, 1949) favorise l’autonomie : l’enfant choisit, manipule, expérimente.
La méthode Freinet développe la coopération et l’expression libre.
La pédagogie de projet et les classes inversées stimulent la curiosité et la créativité.
Dans les écoles pilotes sénégalaises, comme à Keur Madior (Thiès) ou Sinthiou Garba (Kaolack), des enseignants testent ces approches pour rapprocher la théorie de la réalité.
Le professeur Abdoulaye Diagne, expert en éducation à l’Université Cheikh Anta Diop, note :
« L’école sénégalaise doit passer de la récitation à la participation, car c’est dans l’expérience que se forge la compétence. »
(Revue Africaine de Pédagogie, vol. 12, 2023, p. 19)
Quand la science rejoint la sagesse
Les neurosciences confirment l’intuition de ces pédagogues.
Le chercheur Stanislas Dehaene montre que
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« le cerveau apprend mieux lorsqu’il est actif, qu’il fait des hypothèses et corrige ses erreurs. »
(Apprendre ! Les talents du cerveau et le défi des machines, Odile Jacob, 2018, p. 87)
Mais cette logique trouve aussi un écho dans la sagesse spirituelle. Comme le rappelle Imam chroniqueur Babacar Diop :
« Enseigner, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer une lumière. L’enfant est une graine que l’action fait germer. »
Il ajoute :
« La pédagogie active rejoint le message du Prophète ﷺ : il observait, questionnait et guidait ses compagnons, sans jamais les enfermer dans une seule réponse. »
Cette correspondance entre science moderne et éthique spirituelle montre que la pédagogie active est à la fois humaine, rationnelle et morale.
Pour une éducation enracinée et ouverte
La pédagogie active n’implique pas de renier nos traditions, mais de les féconder.
« Le savoir qui n’engage pas l’être n’est qu’un ornement », rappelle Tariq Ramadan (L’éducation : une urgence spirituelle, 2012, p. 64).
C’est pourquoi Imam chroniqueur Babacar Diop appelle à une refondation éducative :
« Le Sénégal a besoin d’une école qui libère l’intelligence, qui enseigne à penser et non à répéter. Une école qui marie la rigueur du savoir et la chaleur du cœur. »
Conclusion spirituelle – Par Imam chroniqueur Babacar Diop
L’éducation est un acte d’amour et de foi. L’enfant n’est pas un récipient à remplir, mais une âme à éveiller. Former un esprit, c’est éclairer un cœur. Instruire sans éduquer, c’est bâtir sans fondation. Si nos écoles redeviennent des foyers de vie, de réflexion et d’action, alors chaque élève deviendra une lumière pour la société.
La pédagogie active, au fond, n’est rien d’autre qu’un retour à la sagesse du Coran :
« Ne méditent-ils donc pas ? » (Sourate 47, verset 24).
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Méditer, questionner, agir : c’est là que naît le vrai savoir.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













