Arrestation à Foundiougne : le guide Cheikh Moussa Diagne persiste malgré la polémique
Votre Pub ici !

L’interpellation spectaculaire de Cheikh Moussa Diagne, leader religieux à la tête du mouvement « Yallah-Yallah », a secoué la ville de Foundiougne et ravivé les débats sur les limites de la liberté d’expression religieuse au Sénégal.
Les faits se sont déroulés à l’aube, aux environs de 6 heures du matin. Une opération conjointe menée par des éléments de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), de la Division des Investigations Criminelles (DSC), et de la Brigade d’Intervention Polyvalente (BIP), a conduit à l’arrestation de Cheikh Moussa Diagne à son domicile. Certains de ses disciples ont également été maîtrisés lors de l’intervention.
Cette arrestation fait suite à une plainte déposée par le Comité de défense des valeurs morales, ainsi qu’à une autosaisine du parquet. Le guide est accusé d’avoir tenu des propos jugés gravement blasphématoires. Dans une déclaration en langue wolof, largement relayée sur les réseaux sociaux, il aurait affirmé que les chaussures de son marabout ainsi que les sièges des figures religieuses emblématiques Serigne Touba et Cheikh Ibra Fall valaient plus que l’ensemble des versets du Coran.
Convoqué devant les enquêteurs, le religieux n’a pas renié ses propos. Selon des sources proches du dossier, il a déclaré les assumer pleinement, tout en affirmant que son intention n’était pas de choquer ou d’insulter. Il est actuellement en garde à vue et devrait être déféré ce lundi devant le parquet. Il risque des poursuites pour « offense à la morale publique » et « incitation à la haine religieuse ».
L’affaire suscite une vive émotion au sein de l’opinion publique. Si certains dénoncent un discours provocateur inacceptable dans une société à forte sensibilité religieuse, d’autres appellent à une lecture mesurée de l’affaire, insistant sur la nécessité de préserver les principes de liberté d’expression et de respect mutuel.
Les réactions en ligne sont partagées : certains internautes appellent à une punition exemplaire, tandis que d’autres s’interrogent sur les méthodes d’interpellation et la place du débat religieux dans l’espace public. Dans tous les cas, cette affaire soulève une nouvelle fois la question délicate de la régulation des discours religieux dans une démocratie pluraliste.
Imam chroniqueur Babacar Diop













