Australie : quand les pluies extrêmes transforment les plages en zones à haut risque face aux requins
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Alors que l’été bat son plein dans l’hémisphère sud, le littoral est de l’Australie fait face à une situation de crise sans précédent. Sur des dizaines de kilomètres, les autorités ont ordonné la fermeture de plages très fréquentées, notamment autour de Sydney et de Port Macquarie. En cause : une recrudescence inquiétante d’attaques de requins, favorisée par un facteur environnemental précis lié aux récentes conditions météorologiques.
Depuis le week-end dernier, quatre attaques confirmées ont été recensées en quelques jours seulement. Le dernier incident en date s’est produit à Point Plomer, à environ 400 kilomètres au nord de Sydney, où un surfeur de 39 ans a été mordu sans que son pronostic vital ne soit engagé. Cette succession rapide d’événements a suffi à faire passer l’alerte au niveau maximal sur l’application gouvernementale Shark Smart, dédiée à la prévention des risques maritimes.
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Le bilan humain aurait pu être encore plus lourd. Lundi soir, un homme de 27 ans a été grièvement blessé lors d’une attaque à Manly, dans la banlieue nord de Sydney, et hospitalisé dans un état critique. Le même jour, à Dee Why, un autre surfeur a vu une partie de sa planche arrachée par un requin, tandis que la veille, un enfant de 12 ans avait été sérieusement blessé lors d’une baignade.
Face à cette série noire, les autorités et les services de secours ont adopté un ton alarmiste. Steven Pearce, directeur général de Surf Life Saving New South Wales, a lancé un avertissement clair :
« Si vous envisagez d’aller nager, privilégiez la piscine locale. À ce stade, nous estimons que les plages ne sont pas sûres. »
Selon les analyses relayées par Al Jazeera, cette augmentation soudaine des interactions entre humains et requins n’est pas le fruit du hasard. Les spécialistes pointent du doigt les pluies torrentielles qui se sont récemment abattues sur la région de Sydney. Ces précipitations ont modifié la composition de l’eau, la rendant plus trouble et saumâtre, ce qui réduit considérablement la visibilité pour les nageurs comme pour les prédateurs marins, augmentant les risques de confusion.
Plus préoccupant encore, le ruissellement massif provoqué par ces pluies entraîne des rejets d’eaux usées vers l’océan. Ce phénomène attire des poissons-appâts près des côtes, ce qui, mécaniquement, rapproche les requins des zones habituellement fréquentées par les surfeurs et les baigneurs.
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Chris Pepin-Neff, universitaire spécialisé dans le comportement des requins, appelle à la plus grande prudence. Il recommande d’éviter toute immersion dans les eaux du port de Sydney pendant au moins 72 heures après une tempête, et de faire preuve d’une vigilance renforcée sur les plages océaniques durant les 24 heures suivant de fortes averses.
Dans un contexte de dérèglement climatique marqué par la multiplication des épisodes météorologiques extrêmes, cet épisode rappelle avec force combien l’équilibre entre activités humaines et écosystèmes marins reste fragile — et parfois dangereux.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













