Baccalauréat 2025 au Cameroun : L’heure du verdict approche, entre attentes fébriles et espoirs tissés

Votre Pub ici !

Partager cet article
Baccalauréat 2025 au Cameroun : L’heure du verdict approche, entre attentes fébriles et espoirs tissés

Yaoundé, Douala, Maroua… Partout, les cœurs battent au rythme d’un mot : le bac. Ils sont plus de 120 000 candidats à guetter le moindre signe venu des locaux feutrés de l’Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC). Depuis le 11 juin, jour de la dernière épreuve, jusqu’à ce 11 juillet où les délibérations démarrent, un silence tendu s’est installé dans les familles. Un silence fait de prières, de doutes, de rêves suspendus. Et pour cause : le Baccalauréat n’est pas qu’un diplôme, c’est un seuil.

Au Cameroun, décrocher le bac, c’est bien plus que franchir une étape académique. C’est ouvrir la porte d’un avenir possible celui de l’université, des concours, du monde du travail ou de l’émigration. Pour beaucoup de familles, souvent modestes, c’est le fruit de sacrifices constants, parfois de plusieurs années. Là où l’école publique peine à suivre le rythme démographique, où les enseignants font souvent avec peu, la réussite au bac a quelque chose d’héroïque.

Mais chaque année, le verdict laisse aussi des milliers de jeunes sur le carreau. Redoublement, abandon, orientation floue… Les conséquences d’un échec ne sont pas anodines dans un pays où le chômage des jeunes frôle les 35 % et où les filières professionnelles restent trop peu valorisées.

Si le taux de réussite de 2024 (près de 68 %) avait suscité un léger soulagement, l’édition 2025 s’annonce plus incertaine, selon plusieurs sources internes. L’OBC, fidèle à sa rigueur, veut éviter toute complaisance, dans un contexte marqué par les accusations récurrentes de baisse de niveau et de fraudes massives aux examens.

Les correcteurs, mobilisés depuis la mi-juin, font face à une double pression : maintenir l’exigence tout en tenant compte de la réalité du terrain, où les inégalités régionales sont criantes. Certaines zones notamment dans l’Extrême-Nord, l’Est ou les régions anglophones ont souffert d’interruptions d’enseignements ou d’insécurité, affectant le rythme des cours.

Ce baccalauréat 2025 pose aussi une question de fond : à quoi forme-t-on les jeunes Camerounais aujourd’hui ? Beaucoup dénoncent l’inadéquation entre l’enseignement général et les besoins économiques du pays. Tandis que les filières techniques et agricoles restent marginales, l’université publique est engorgée, et les instituts privés parfois opaques.

À l’heure où le pays adopte une stratégie nationale d’intelligence artificielle, rêve d’émergence et célèbre son entrée dans l’économie bleue, former des bacheliers sans perspective concrète serait une promesse trahie.

Malgré tout, le baccalauréat demeure un marqueur de fierté collective. Dans les quartiers populaires comme dans les zones rurales, chaque nom inscrit sur les listes des admis est célébré comme une victoire familiale. Car ce diplôme reste un symbole d’élévation, une preuve que l’intelligence peut briser les barrières sociales, même dans un système inégalitaire.

Mais le moment du bac devrait aussi être celui d’un sursaut national.
Comment éviter que ce passage ne soit un tunnel sans lumière ? Comment donner aux jeunes admis les outils pour bâtir une vie digne, ici, au Cameroun ?

Vous êtes élève, parent, enseignant ? Dites-nous comment vous vivez cette attente. Le bac, pour vous, c’est quoi ?

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci