Bamako à sec : quand le carburant devient un luxe vital

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Bamako à sec : quand le carburant devient un luxe vital

À Bamako, faire le plein est devenu une véritable épreuve de fond. Dans les files interminables devant les stations-service, les moteurs se taisent, les nerfs s’échauffent, et la patience devient l’unique carburant disponible. Depuis plusieurs jours, la capitale malienne vit au ralenti : voitures à l’arrêt, motos-taxis désœuvrés, écoles fermées et transports paralysés.

« Nous n’avons pas vu une goutte d’essence depuis trois jours », confie Mamadou, chauffeur de taxi, accoudé à son volant silencieux. L’essence, devenue denrée rare, se vend désormais à prix d’or au marché noir, où le litre se négocie parfois trois fois plus cher que le tarif officiel.

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Face à cette pénurie, le gouvernement a suspendu les cours pour deux semaines, le temps, dit-il, de « réaménager les calendriers scolaires ». Une décision que beaucoup interprètent comme un aveu d’impuissance face à une crise qui paralyse l’économie nationale.

Les usines tournent au ralenti, les marchés voient les prix s’envoler, et les habitants redécouvrent les vertus — parfois douloureuses — de la marche. Les autorités annoncent l’arrivée de convois sécurisés pour approvisionner la capitale, mais dans les rues poussiéreuses de Bamako, seule la patience semble encore circuler librement.

Pourtant, au milieu de cette panne générale, le pays garde debout son moteur invisible : la résilience. Comme le note le sociologue malien Issa Konaté dans son ouvrage Société et résistance en Afrique contemporaine (Éditions Tombouctou, 2021, p. 143), « le peuple malien a toujours su transformer la pénurie en école de solidarité ».

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C’est peut-être là le vrai miracle de Bamako : même à sec, le pays continue d’avancer — lentement, mais avec dignité.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

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