Banamè (Bénin) : elle se fait passer pour “masseuse de Daagbo” et escroque plus de 30 millions FCFA à deux fidèles

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Banamè (Bénin) : elle se fait passer pour “masseuse de Daagbo” et escroque plus de 30 millions FCFA à deux fidèles

DUNIA NEWS – Faits de société
Par notre rédaction

L’histoire prête à sourire, mais elle révèle une arnaque bien orchestrée et une escroquerie spirituelle d’ampleur. Au Bénin, dans la commune de Zagnanado, une femme se faisant passer pour la masseuse personnelle de “Daagbo”, la figure centrale de l’Église de Banamè, a réussi à extorquer plus de 30 millions de francs CFA à deux fidèles naïfs.

Se servant de l’aura et du pouvoir symbolique de Parfaite, autoproclamée “Dieu” de Banamè, la fausse collaboratrice aurait convaincu ses victimes qu’en “bénissant leurs pieds par son toucher”, elle pouvait débloquer leur avenir, leur garantir succès, protection et bénédiction divine.

Une manipulation savamment dosée

Selon les sources proches du dossier, la suspecte se présentait avec aisance, usurpant l’identité d’une proche du cercle très fermé de Daagbo. Elle prétendait être « la main cachée » de la prêtresse, capable de transmettre des onctions et révélations. Séduits, les deux fidèles – une commerçante et un fonctionnaire – auraient multiplié les virements, avances et dons en nature pendant plusieurs mois.

L’escroc leur promettait en échange une prospérité garantie, une promotion professionnelle, et même un “voyage mystique” à l’étranger au nom de la mission divine.

Mais face aux retards répétés et à l’absence de résultats, les victimes ont commencé à douter. Après quelques recherches, elles découvrent que la prétendue masseuse n’a jamais approché Daagbo, ni même mis les pieds dans le sanctuaire intérieur de Banamè.

Arrestation et dépôt de plainte

Les victimes ont immédiatement déposé plainte auprès des autorités locales. Une enquête rapide a permis de localiser la mise en cause. Elle a été arrêtée en début de semaine et placée en garde à vue. Elle devra répondre d’escroquerie aggravée, usurpation d’identité et manipulation spirituelle à des fins lucratives.

Ce fait divers soulève une fois de plus la vulnérabilité de nombreux fidèles face aux abus spirituels, surtout dans des contextes où la foi, l’urgence de solutions et la détresse émotionnelle créent un terrain favorable aux escrocs en tout genre.

L’Église de Banamè dément et se désolidarise

Contacté par Dunia News, un représentant officiel de l’Église de Banamè a fermement condamné l’acte, rappelant que la vraie “masseuse de Daagbo” n’a jamais eu pour mission de solliciter de l’argent.

« La divinité ne s’achète pas. Ce genre de comportement est étranger à nos enseignements », a-t-il précisé.

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