Bangladesh : L’ex-Première ministre Sheikh Hasina poursuivie pour crimes contre l’humanité après la répression sanglante des manifestations

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Bangladesh : L’ex-Première ministre Sheikh Hasina poursuivie pour crimes contre l’humanité après la répression sanglante des manifestations

Une onde de choc politique secoue le Bangladesh, alors que l’ancienne Première ministre Sheikh Hasina fait désormais face à de lourdes accusations de crimes contre l’humanité. Dimanche dernier, un tribunal international siégeant à Dhaka a formellement inculpé l’ex-cheffe du gouvernement pour son rôle présumé dans la répression brutale des grandes manifestations de juillet dernier, au cours desquelles des centaines de personnes ont perdu la vie.

Une première judiciaire historique

C’est une scène inédite qui s’est jouée dans la capitale bangladaise. L’audience, retransmise pour la première fois en direct à la télévision nationale, a marqué un tournant majeur dans la justice du pays. Présidée par le juge Md Golam Mortuza Mozumder, la session du Tribunal international des crimes a vu le procureur en chef, Mohammad Tajul Islam, exposer un acte d’accusation accablant.

Sheikh Hasina, figure dominante de la politique bangladaise pendant plusieurs décennies, n’est pas seule dans cette affaire. L’ancien ministre de l’Intérieur, Asaduzzaman Khan, et l’ex-directeur général de la police nationale, Chowdhury Abdullah Al-Mamun, sont également visés. Tous trois sont accusés de cinq chefs de crimes graves liés à la répression sanglante des manifestations qui ont secoué le pays.

Une répression aux conséquences dramatiques

Les faits remontent à l’été 2024, lorsque de vastes manifestations étudiantes ont éclaté à travers le Bangladesh pour protester contre l’inflation galopante, les inégalités croissantes, et les atteintes aux libertés civiles. Les forces de sécurité, sur ordre du gouvernement de l’époque, auraient procédé à une répression d’une rare violence. Un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme indique qu’environ 1 400 personnes auraient été tuées entre juillet et août 2024, dont environ 12 % d’enfants, tandis que plus de 22 000 manifestants auraient été blessés.

Mandats d’arrêt et convocation judiciaire

Le tribunal a émis des mandats d’arrêt contre les trois anciens hauts responsables. Ils sont convoqués à comparaître le 16 juin prochain. Cette démarche judiciaire fait suite à un rapport détaillé de l’agence d’enquête du tribunal, remis le 12 mai dernier, qui dénonce de « graves violations des droits humains » orchestrées par l’exécutif de la Ligue Awami, le parti dirigé par Hasina.

Ironie du sort, ce même tribunal avait été institué en 2010, durant l’administration Hasina, afin de juger les crimes de guerre remontant à la guerre d’indépendance de 1971. Aujourd’hui, cette même instance est mobilisée contre celle qui en avait favorisé la création.

Vers un tournant politique et judiciaire ?

Cette inculpation marque un tournant historique au Bangladesh. Si certains y voient un progrès judiciaire salutaire, d’autres dénoncent une instrumentalisation politique du système judiciaire. Quoi qu’il en soit, le procès à venir s’annonce comme l’un des plus médiatisés de l’histoire du pays.

Il pourrait redéfinir non seulement l’avenir politique de Sheikh Hasina et de la Ligue Awami, mais aussi l’image internationale du Bangladesh, dont les institutions sont souvent critiquées pour leur manque d’indépendance.

Source d’origine :
L’information a initialement été rapportée par l’agence de presse Anadolu, avant d’être confirmée par les autorités locales et relayée par plusieurs médias internationaux.

Imam chroniqueur Babacar Diop

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