Banque de l’AES : 500 milliards promis, mais l’institution n’est pas encore en activité
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Par Celine Dou – Rédaction Dunia News
Ils l’ont voulue. Ils l’ont signée. Ils l’ont annoncée. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, unis dans l’Alliance des États du Sahel (AES), ont officiellement créé leur propre Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID‑AES). Une institution pensée pour financer un développement endogène, sortir de la dépendance chronique aux bailleurs étrangers et donner un souffle nouveau à la souveraineté économique régionale.
Mais si la structure est née, elle n’est pas encore active. Le chantier est immense, les promesses fortes, mais l’opérationnalisation réelle reste à venir.
Une création politique, une volonté assumée
Le 25 mai 2025, les ministres de l’Économie du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont annoncé la création officielle de la BCID‑AES, avec un capital initial projeté à 500 milliards de francs CFA. Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’une intégration politique et économique alternative à la CEDEAO, dont ces trois pays se sont retirés en début d’année.
L’objectif affiché est clair : financer les projets structurants (énergie, agriculture, infrastructures, industrie) sans passer par les institutions financières traditionnelles dominées par l’extérieur.
Pas encore fonctionnelle, mais en cours de construction
Sur le papier, la banque existe. Dans les faits, elle n’est pas encore en mesure d’accorder de prêts, ni de financer des projets. Il reste à mobiliser les fonds promis, définir les structures de gouvernance, recruter le personnel, établir les règlements internes, choisir le siège, et bâtir une feuille de route stratégique sur plusieurs années.
Les autorités de l’AES se sont données jusqu’à fin 2025 pour rendre cette institution pleinement opérationnelle. La première tranche du capital doit être libérée d’ici septembre.
En d’autres termes : la banque existe juridiquement, mais pas encore dans les faits.
Un taux à 0,75 % ? Pas confirmé
Beaucoup relayent sur les réseaux sociaux que la future BCID‑AES proposerait des prêts à un taux annuel de 0,75 % aux jeunes entrepreneurs et porteurs de projets. Cette information n’apparaît dans aucun communiqué officiel à ce jour. Il s’agirait peut-être d’une ambition discutée en interne, mais il est important de ne pas présenter ce chiffre comme un fait établi.
Une orientation souverainiste, un pari à haut risque
En réorientant environ 5 % de leurs recettes fiscales vers cette nouvelle banque, les trois États marquent une rupture. Ils cherchent à construire une capacité d’autofinancement régionale, à l’opposé des logiques d’endettement conditionnel qui ont longtemps prévalu. Ils réduisent aussi volontairement leur attention accordée à des institutions comme la Banque africaine de développement.
Mais l’autonomie a un coût : mobiliser les ressources nationales, garantir une gestion transparente, éviter la politisation des décisions économiques. Et surtout, produire des résultats visibles pour les populations.
Une trajectoire à suivre de près
L’idée d’une banque régionale sahélienne, pensée par les États eux-mêmes, est une première. Elle soulève l’espoir d’une émancipation financière africaine, construite depuis l’intérieur. Mais elle soulève aussi des questions :
- Comment éviter les écueils des institutions mal gouvernées ?
- Comment garantir que cette banque bénéficiera réellement aux entrepreneurs, agriculteurs, artisans ?
- Et à quel horizon sera-t-elle véritablement active ?
Pour l’heure, le projet avance. Lentement, prudemment. La parole est posée, l’acte fondateur signé. Le plus difficile commence maintenant.
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