Benin / Affaire GNAMBAKPO : un haut officier de police dans la tourmente judiciaire
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Cotonou, avril 2025 – Par la Rédaction de Dunia News
L’image des forces de l’ordre béninoises est de nouveau entachée. Rémy Gnambakpo, un des adjoints du commissaire du 1er arrondissement de Cotonou, est au cœur d’une affaire aux relents graves de compromission et d’agression sexuelle. Depuis la fin de la semaine dernière, il est placé en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire, soupçonné d’avoir perçu de l’argent pour couvrir un individu accusé d’avoir abusé sexuellement d’une femme après l’avoir droguée.
Selon nos sources, l’enquête a été ouverte suite à des dénonciations anonymes qui ont conduit les autorités judiciaires à s’intéresser de près à l’attitude de l’officier. L’homme aurait monnayé son silence, entravant ainsi la poursuite d’une procédure pour des faits d’une extrême gravité. Face à la pression populaire et à l’ampleur du scandale, la CRIET (Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme) a été saisie du dossier.
L’audition de Rémy Gnambakpo par les enquêteurs s’est déjà tenue à plusieurs reprises, et son dossier est attendu devant le parquet de la CRIET en fin de semaine. En attendant, l’officier reste en garde à vue, pendant que les investigations se poursuivent.
Un climat de défiance croissant
Ce n’est pas la première fois que le commissariat du 1er arrondissement de Cotonou est éclaboussé par des affaires de corruption et d’abus de pouvoir. Déjà en septembre 2022, son commissaire titulaire de l’époque, Stanislas Kindjanhoundé, avait été placé sous mandat de dépôt pour « abus de fonction », dans une affaire de complicité avec des cybercriminels. À ses côtés, d’autres agents avaient été écroués, marquant un précédent inquiétant dans la gestion de l’autorité policière.
Les récentes révélations plongent davantage l’opinion publique dans l’inquiétude et l’exaspération. Dans un pays où la population commence à réclamer justice, équité et transparence, ce type d’affaire accentue la méfiance envers une institution censée garantir la sécurité des citoyens.
L’urgence d’une réforme systémique
Au-delà du cas individuel de Rémy Gnambakpo, ce scandale révèle les failles structurelles d’un système policier trop souvent miné par la corruption et les arrangements opaques. Les voix s’élèvent pour appeler à une réforme en profondeur : meilleure formation éthique, mécanismes de contrôle renforcés, sanctions exemplaires, mais aussi revalorisation des conditions de travail pour couper court à toute tentation de compromission.
La CRIET, souvent critiquée pour sa sélectivité, a aujourd’hui l’occasion de démontrer sa capacité à poursuivre tous les actes répréhensibles, quel que soit le statut de l’auteur présumé. La justice doit aller jusqu’au bout, dans l’intérêt des victimes et pour la restauration d’un État de droit crédible.
Le peuple béninois observe. L’histoire retiendra si, dans ce dossier comme dans tant d’autres, les institutions auront su répondre avec fermeté et impartialité.













