Bénin | Banikoara : Suzanne Élise Tama destituée après son ralliement aux Démocrates
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Banikoara (Nord-Bénin) – Dunia News
Le vent a tourné pour Suzanne Élise Tama. Quelques semaines après avoir claqué la porte du parti au pouvoir pour rejoindre l’opposition, l’ancienne cheffe de l’arrondissement central de Banikoara a été sèchement débarquée de ses fonctions par le conseil communal. Une destitution qui, derrière ses allures de crise locale, en dit long sur les fragilités démocratiques du système partisan béninois et sur la gestion du pluralisme dans les territoires.
Une démission politique… aux conséquences immédiates
Tout a commencé le 5 juillet 2025. Par un courrier officiel, Suzanne Élise Tama annonce sa démission de l’Union Progressiste le Renouveau (UpR), parti membre de la mouvance présidentielle, pour rallier Les Démocrates, formation d’opposition portée par l’ancien président Boni Yayi. Un geste fort, dans un pays où le jeu politique reste largement verrouillé depuis la réforme du système partisan en 2018.
Très vite, la riposte s’organise. Vingt-neuf conseillers communaux sur trente-trois déposent une motion de défiance, dénonçant une « rupture de confiance » entre la CA (cheffe d’arrondissement) et la majorité municipale. Le vote est programmé pour le lundi 4 août, dans une session extraordinaire du conseil communal.
Un vote sans appel
Dans la salle de délibération de l’hôtel de ville, l’issue ne faisait guère de doute. Sur les 31 conseillers présents ce matin, 28 ont voté pour la destitution, 3 contre, aucune abstention. En quelques minutes, Suzanne Élise Tama est officiellement débarquée de son poste.
Cette éviction est motivée officiellement par des raisons de « gouvernance locale » et de « cohésion de l’exécutif communal ». Mais difficile de ne pas y voir un acte à portée politique, en lien direct avec son adhésion récente au camp adverse. Une nouvelle chefferie d’arrondissement devrait être désignée dans les prochains jours.
Le pluralisme mis à l’épreuve
L’affaire Tama soulève des questions plus larges. Au-delà de la trajectoire individuelle, c’est le fonctionnement démocratique des collectivités locales qui est mis en lumière. Peut-on changer de parti dans l’exercice d’un mandat sans risquer la révocation immédiate ? Le vote populaire prime-t-il encore sur les logiques partisanes ? Et quel espace reste-t-il pour la liberté de conscience des élus, dans un climat politique où les appartenances déterminent la survie institutionnelle ?
Ces interrogations résonnent particulièrement dans les régions septentrionales du Bénin, longtemps perçues comme des bastions de fidélité aux partis au pouvoir. L’acte de Suzanne Élise Tama, minoritaire mais courageux, montre que le paysage local évolue, lentement mais sûrement.
Une leçon pour l’Afrique locale
Dans bien des pays africains, la décentralisation a permis un ancrage plus fort des citoyens dans la gestion publique. Mais elle a aussi exposé les élus locaux aux tensions partisanes et aux stratégies d’allégeance qui fragilisent leur autonomie. Le cas de Banikoara illustre cette contradiction : entre logique élective et discipline politique, le mandat local devient un terrain de combat où les convictions peuvent coûter cher.
Si la démocratie veut avancer sur le continent, elle devra aussi se construire dans les mairies, les arrondissements, les villages. Là où le peuple vit. Là où les décisions touchent au quotidien. Là où l’éthique politique se mesure au courage de rester debout même quand les rapports de force vacillent.
Article rédigé par Celine Dou
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