Bénin / Coup d’État : Retour sur la tentative de déstabilisation du 7 décembre 2025
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Par Gil-christ DJOSSOU
Le dimanche 7 décembre 2025 restera gravé dans les mémoires comme une journée sombre pour la République du Bénin. Une tentative de coup de force menée par un groupe de soldats a failli plonger le pays dans le chaos. Le récit des événements, confirmé par le Conseil des ministres réuni en séance extraordinaire le lendemain, révèle une opération coordonnée visant à renverser le pouvoir en place.
Tout a commencé dans la nuit de samedi à dimanche. Vers deux heures du matin, des mutins ont pris la direction du domicile du général Bertin Bada, directeur du cabinet militaire du président. Leur objectif: le neutraliser. Le général a réussi à s’échapper, mais son épouse a été mortellement blessée lors de l’assaut. Peu après, le colonel Faïzou Gomina, commandant de la base militaire de Togbin, a été sommé de se rendre sur les lieux. Il y a été pris à partie, violenté, puis fait otage.
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La mutinerie a pris forme à la base de Togbin, d’où les assaillants sont partis avec des armes et des véhicules blindés. En parallèle, une autre équipe s’est dirigée vers le domicile du général Abou Issa, chef d’état-major de l’armée de terre. Malgré une résistance farouche, ce dernier a été capturé.
Aux premières lueurs du jour, les mutins ont tenté de prendre d’assaut la résidence du président Patrice Talon. Mais la Garde républicaine, déjà en alerte, les attendait. Un affrontement violent s’est engagé. Le chef de l’État, selon les informations officielles, a vécu les combats aux côtés de ses gardes. Débordés, les mutins ont battu en retraite et se sont repliés vers la Télévision nationale, qu’ils ont brièvement contrôlée pour tenter de diffuser un message.
L’armée fidèle au pouvoir a rapidement repris le contrôle des lieux. Plusieurs mutins, abandonnés par leurs camarades, ont été arrêtés. Mais les assaillants n’avaient pas dit leur dernier mot. Ils ont tenté d’ouvrir un nouveau front à la base de Togbin, où ils disposaient encore de blindés. L’armée républicaine a encerclé la zone, prête à intervenir.
Pour éviter un bain de sang dans cette zone résidentielle, le président Talon, en sa qualité de chef suprême des armées, a ordonné des frappes aériennes ciblées. En fin de journée, le Nigeria, dans le cadre de la coopération régionale avec la CEDEAO, a apporté son soutien en menant des frappes aériennes qui ont permis d’immobiliser plusieurs engins des mutins, sans faire de victimes civiles.
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Les derniers assaillants ont pris la fuite. Le contrôle de la base de Togbin a été rétabli. Une force nigériane de la CEDEAO a été déployée sur place pour appuyer l’armée béninoise. Une unité spéciale ivoirienne est également arrivée à Cotonou dans la soirée du dimanche.
Le général Abou Issa et le colonel Faïzou Gomina ont été retrouvés sains et saufs à Tchaourou, où les mutins les avaient emmenés. Ils ont été libérés au petit matin du lundi 8 décembre.
Le gouvernement a observé une minute de silence en mémoire des victimes et a exprimé son soutien aux blessés. Des enquêtes ont été ordonnées pour identifier les auteurs et commanditaires de cette tentative de déstabilisation. Le président Talon a salué la loyauté de l’armée et a remercié le peuple béninois pour son sang-froid et son attachement à la République.
Il a également exprimé sa gratitude envers les pays de la CEDEAO, notamment le Nigeria et la Côte d’Ivoire, pour leur solidarité. Le chef de l’État a appelé à tirer toutes les leçons de cette épreuve pour renforcer la résilience du pays et éviter que de tels événements ne se reproduisent.
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