Bénin : L’affaire Hugues Sossoukpè, le crash-test de l’État de droit
Votre Pub ici !

Après 169 jours de détention dans un isolement quasi total, le journaliste et défenseur des droits humains Comlan Hugues Sossoukpè est attendu ce vendredi 26 décembre 2025 devant la CRIET. Entre allégations de mauvais traitements et violations des textes fondamentaux, ce dossier, relayé par la page Vital Panou, cristallise les inquiétudes sur les libertés au Bénin.
Un calvaire de 169 jours dans l’ombre
Enlevé à Abidjan le 10 juillet 2025 dans des conditions jugées illégales, Hugues Sossoukpè fait face à une détention dont la sévérité alarme les organisations de défense des droits de l’homme. Depuis son incarcération, le journaliste est maintenu en isolement total. Le constat est glaçant :
- Privation de liens familiaux : Ni sa mère, ni sa fille, ni sa compagne n’ont été autorisées à lui rendre visite à ce jour.
- Rupture du conseil juridique : Ses avocats n’ont plus accès à lui depuis près de trois mois, suite à l’annulation inexpliquée de leur permis de communiquer.
Des méthodes de détention dénoncées
À lire aussi : BÉNIN : QUAND DÉNONCER LA DICTATURE DEVIENT UN CRIME
Selon des sources proches du dossier, les autorités chercheraient à briser psychologiquement le prévenu avant la suite de la procédure. Le texte évoque des pressions morales constantes et des conditions de vie pouvant s’apparenter à des actes de torture ou à des traitements cruels, inhumains et dégradants.
Cette situation place le Bénin dans une position délicate vis-à-vis de ses engagements internationaux, notamment la Convention des Nations unies contre la torture de 1984, qui interdit toute souffrance physique ou mentale infligée par des agents de l’État.
La Constitution béninoise à l’épreuve
Au-delà des conventions internationales, c’est le respect de la Loi fondamentale du pays qui est mis à mal. Le maintien en isolement et les traitements allégués heurtent de plein fouet les principes de la Constitution béninoise qui consacre le caractère sacré et inviolable de la personne humaine, garantit l’intégrité physique et morale, et interdit explicitement la torture tout en prévoyant des sanctions contre les agents de l’État coupables de tels actes.
Une audience décisive pour la liberté de la presse
La comparution de ce vendredi devant la commission d’instruction de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET) est bien plus qu’une simple étape judiciaire. Elle représente, pour l’opinion publique et les observateurs, un test de sincérité pour le pouvoir concernant la protection de la liberté de la presse et des libertés individuelles.
À lire aussi : Interview « Cocody n’est pas un butin » : Vianney Koffi, l’indépendant qui veut “désarmer” la politique par les résultats
Alors que le regard des défenseurs des droits humains est braqué sur Porto-Novo, la réponse des autorités judiciaires ce 26 décembre dira si le Bénin entend rester fidèle à ses principes ou si l’exception devient la règle.
Rédaction Dunia News













