Bénin – Nouvelles conditions d’entrée pour les ressortissants de l’AES : la fin d’un privilège communautaire

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Bénin – Nouvelles conditions d’entrée pour les ressortissants de l’AES : la fin d’un privilège communautaire

Porto-Novo, 27 juin 2025 – Un tournant discret mais significatif dans les relations sous-régionales. L’Assemblée nationale du Bénin a adopté une nouvelle législation modifiant les conditions d’entrée et de séjour sur le territoire national pour les ressortissants de l’Alliance des États du Sahel (AES). Une mesure qui reflète l’évolution des rapports entre le Bénin et les pays désormais sortis de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Des droits révisés pour les citoyens de l’AES
D’après les nouvelles dispositions adoptées, les ressortissants du Mali, du Niger et du Burkina Faso – les trois membres fondateurs de l’AES – ne bénéficient plus des avantages liés à leur ancienne appartenance à la CEDEAO. Cette déclaration a été confirmée par le ministre béninois de la Justice devant les députés. Elle marque la volonté du Bénin de redéfinir son cadre migratoire en fonction des dynamiques géopolitiques actuelles.

Une ligne de fermeté sans fermeture
Toutefois, le Bénin n’a pas opté pour une fermeture stricte de ses frontières. Le gouvernement a précisé que les ressortissants de l’AES ne sont pas assujettis à une obligation de visa ou de titre de séjour, comme c’est le cas pour d’autres citoyens africains non membres de la CEDEAO. Autrement dit, bien qu’ils ne soient plus considérés comme membres d’un espace d’intégration privilégié, ils bénéficient toujours d’un traitement préférentiel par rapport à d’autres ressortissants africains.

Une réponse indirecte à la Confédération AES


Cette décision béninoise intervient quelques mois après une déclaration du président malien Assimi Goïta, qui avait affirmé que « la Confédération des États du Sahel est un espace sans visa pour tout ressortissant des États membres de la CEDEAO ». Une annonce qui avait été perçue comme une tentative d’ouverture malgré le retrait officiel des trois pays de la CEDEAO en janvier 2024.

Montée des tensions dans la sous-région
Depuis la rupture avec la CEDEAO, les rapports entre les États de l’AES et les autres pays d’Afrique de l’Ouest, restés fidèles à la structure communautaire, se sont tendus. Le Bénin, frontalier du Niger et partenaire stratégique du Nigeria, adopte ainsi une posture plus ferme, sans pour autant rompre totalement le dialogue.
Selon des observateurs, cette mesure pourrait entraîner un effet domino dans d’autres pays membres de la CEDEAO, soucieux de maintenir un équilibre entre souveraineté nationale et intégration régionale.

Vers une redéfinition de la libre circulation en Afrique de l’Ouest ?
La fin des privilèges accordés aux ressortissants de l’AES au Bénin s’inscrit dans une recomposition plus large des alliances et des mécanismes d’intégration. Le rêve d’une libre circulation entre peuples africains se heurte désormais à des clivages politiques, militaires et économiques de plus en plus marqués.
Pour le citoyen lambda, cette évolution soulève des inquiétudes concrètes : restrictions de mobilité, complexification administrative, incertitudes juridiques.

Dunia News – Rédaction internationale

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