Bénin / Politique: Révision constitutionnelle contestée, le texte adopté ne correspond pas à celui validé

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Bénin / Politique: Révision constitutionnelle contestée, le texte adopté ne correspond pas à celui validé

Par Gil-christ DJOSSOU

La révision de la Constitution béninoise, adoptée dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 à l’Assemblée nationale, continue de faire couler beaucoup d’encre. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer une manœuvre politique, affirmant que le texte voté ne serait pas conforme à celui qui avait été déclaré recevable par la Cour constitutionnelle quelques jours plus tôt.

Le vote s’est tenu dans des conditions inhabituelles. Les députés ont été convoqués en urgence pour une session nocturne, qui s’est prolongée jusqu’à l’aube. Selon des témoins, des coupures d’électricité ont interrompu les débats à plusieurs reprises, plongeant l’hémicycle dans le noir. Malgré cela, la réforme a été adoptée à la majorité requise, avec 92 voix sur 109.

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Mais très vite, des parlementaires de l’opposition et certains juristes ont relevé des incohérences entre le texte validé par la Cour constitutionnelle et celui qui a été soumis au vote. Des articles auraient été modifiés ou ajoutés sans respecter les procédures prévues. Parmi les points les plus controversés figure la création d’un Sénat, présenté comme une chambre de sages, mais dont les membres ne seraient pas élus au suffrage universel. Une disposition qui, selon les détracteurs de la réforme, ouvre la voie à une concentration du pouvoir entre les mains de l’exécutif.

Autre point sensible: l’allongement du mandat présidentiel, qui passerait de cinq à sept ans. Cette mesure s’appliquerait également aux députés et aux élus locaux. Officiellement, il s’agit de renforcer la stabilité des institutions et de permettre une meilleure planification des politiques publiques. Mais pour l’opposition, c’est une manière déguisée de verrouiller le pouvoir et de préparer le terrain pour une succession contrôlée à la tête de l’État.

Face à ces accusations, les députés de la majorité se défendent. Ils assurent que la réforme a été menée dans le respect des règles et qu’elle vise à moderniser les institutions. Le député Abdoulaye Gounou, proche du président Patrice Talon, a rejeté les critiques, affirmant que le Sénat ne sera pas un outil de contrôle politique, mais un organe consultatif destiné à renforcer la démocratie.

Malgré ces assurances, la polémique enfle. Un recours a été déposé devant la Cour constitutionnelle pour contester la validité du texte adopté. Les plaignants demandent à la Cour de vérifier si le contenu voté correspond bien à celui qu’elle avait validé. En attendant sa décision, le climat politique reste tendu. Des organisations de la société civile appellent à la vigilance et dénoncent une dérive autoritaire.

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Cette révision intervient à quelques mois de l’élection présidentielle prévue en mars 2026. Le calendrier politique s’accélère, et cette controverse pourrait peser lourdement sur la suite du processus électoral. Alors que la mouvance présidentielle a déjà désigné son candidat, Romuald Wadagni, l’opposition cherche encore à s’unir autour d’une figure capable de porter ses revendications.

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