BÉNIN : QUAND DÉNONCER LA DICTATURE DEVIENT UN CRIME
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La vérité sur le procès politique contre le président Candide A. M. AZANNAÏ
Tossoukpe Frédéric Herman | Pour Dunia News
Alors que le Bénin traverse une zone de fortes turbulences politiques après les événements du 7 décembre 2025, une voix s’élève pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « parodie de justice ». Sur sa page Facebook officielle, Aaron V. Tolidji M. Azannaï, fils du président du parti Restaurer l’Espoir, a publié un plaidoyer vibrant pour rétablir la « vérité » sur les poursuites visant son père, Candide Azannaï.
Un procès d’opinion déguisé ?
Selon les révélations de son fils, les griefs portés contre l’ancien ministre de la Défense se résumeraient à des « procès d’intention ». Il lui serait reproché, entre autres, le partage de publications datant de plus de dix ans ou encore l’analyse critique, en novembre 2025, de l’affaire dite du « coup d’État clé en main » qui a secoué le pays.
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« On ne candidate pas efficacement contre une dictature avec l’urne et le monopole organisationnel de cette même dictature », martèle Aaron Azannaï, reprenant la thèse de son père. Pour lui, le régime de Patrice Talon a instauré une forme d’« apartheid politique » où l’espace public est réservé aux partisans du pouvoir, tandis que les voix divergentes sont réduites au silence ou jetées au cachot.
L’incident du 6 décembre : l’étincelle
L’article pointe du doigt un événement précis : l’interdiction, le 6 décembre 2025, d’une « Séance Citoyenne d’Informations Politiques » à Ékpè. Bien que prévue dans un lieu privé, la réunion a été bloquée par les autorités locales invoquant des ordres de la « hiérarchie ».
Aaron Azannaï s’interroge : « En quoi est-ce un crime de dénoncer le détournement des institutions à des fins partisanes ? ». Il rappelle que selon l’article 66 de la Constitution béninoise, la résistance pacifique et non violente est un droit, voire un devoir citoyen, face à l’oppression.
Candide Azannaï : « Un guerrier » face à la CRIET
Placé en détention provisoire le 20 décembre par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour « complot contre l’autorité de l’État » et « provocation à la rébellion », Candide Azannaï reste inflexible. À sa sortie d’audience, il a lancé un défi aux autorités : « Je suis un guerrier ».
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Son fils insiste sur le fait que son père n’a jamais lancé de mot d’ordre au soulèvement violent, mais prône depuis 2019 un Dialogue National Inclusif (DNI) comme seule issue à la crise.
La démocratie en jeu
Pour Aaron Azannaï, ce procès est celui de la liberté d’expression. Il conclut en affirmant que les intimidations n’auront aucun effet sur l’intégrité de son père :
« Mon père n’est pas un criminel ! Il est le symbole de l’intégrité en politique. On ne devrait pas être poursuivi pour ses opinions. »
L’opinion publique attend désormais la suite de ce dossier judiciaire, alors que Aaron Azannaï promet de nouvelles révélations dès le 23 décembre concernant les événements du 7 décembre 2025.
Par la Rédaction de Dunia News (Sources : Page officielle d’Aaron Azannaï / Revue de presse béninoise)













