Bineta Diédhiou : L’art du combat au service de la dignité

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Bineta Diédhiou : L’art du combat au service de la dignité

À trois ans seulement, vêtue d’un kimono trop grand pour elle, Bineta Diédhiou s’initiait à un art qui allait façonner sa vie. Dans les tatamis de Dakar, cette enfant déjà habitée par la détermination pressentait que son destin dépasserait les frontières du sport. Ce qu’elle construira plus tard deviendra un modèle pour toute une génération : la preuve qu’une fille africaine peut vaincre, s’imposer, et transformer la société par la discipline et le courage.

« Le sport n’est pas seulement un espace de performance, c’est un langage de dignité et de dépassement de soi », écrit Amadou Tidiane Wone dans Le Sénégal en mouvement (Éditions Nouvelles du Sud, 2018, p. 142).
Et c’est précisément ce langage que parle Bineta, à travers chaque combat.

Une trajectoire exceptionnelle

Douze fois championne du Sénégal, quatre fois championne d’Afrique, médaillée de bronze aux Championnats du monde : le palmarès de Bineta Diédhiou force l’admiration. En 2008, elle devient la première Sénégalaise à participer aux Jeux Olympiques et est choisie comme porte-drapeau du Sénégal à Pékin.
Ce jour-là, lorsqu’elle entre dans le stade olympique, c’est tout un pays qui avance derrière elle. Elle devient le symbole d’un Sénégal audacieux, féminin et conquérant.

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Comme le note le sociologue du sport Pierre Chazaud : « La performance féminine dans les sociétés africaines contemporaines n’est pas seulement sportive, elle est culturelle et politique » (Sociologie du sport africain, L’Harmattan, 2019, p. 87).
Bineta Diédhiou incarne cette vérité : chaque victoire sur le tatami est une victoire contre les préjugés.

Le sport comme école de vie

Mais l’histoire de Bineta ne s’arrête pas aux médailles. Avec la création de l’Académie Bineta Diédhiou, elle a transformé le taekwondo en outil d’éducation et de dignité.
Dans ce centre, les enfants des rues trouvent un foyer, les jeunes filles apprennent la discipline et la confiance, et les femmes vulnérables y redécouvrent leur force.

« L’éducation sportive, lorsqu’elle est inclusive, devient une pédagogie du relèvement », observe le psychopédagogue Cheikh Faye dans Éducation et valeurs au Sénégal (Presses Universitaires de Dakar, 2020, p. 203).
À l’Académie, chaque salut, chaque coup de pied, devient un acte de résistance face à la fatalité.

Bineta Diédhiou le dit souvent elle-même : « Je ne veux pas seulement former des champions, mais des citoyens debout. »
Cette philosophie rejoint la vision de l’islam sur l’excellence : « Certes, Allah aime ceux qui font toute chose avec excellence (ihsân) » (Coran, sourate 67, verset 2).

Une pionnière tournée vers l’avenir

Toujours avide d’apprendre, Bineta s’est formée en management du sport, sponsoring et entrepreneuriat, convaincue que la puissance du corps doit s’allier à celle de l’esprit. Aujourd’hui, elle met cette expertise au service de la jeunesse, en encadrant l’équipe nationale junior de taekwondo, en préparation pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026, les premiers à se tenir sur le sol africain.

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Le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne rappelle que :
« L’intelligence est une autre forme de force, et la connaissance donne au courage sa direction » (Lettres à un jeune Africain, Philippe Rey, 2021, p. 58).
Bineta incarne cette union rare de la maîtrise et de la sagesse.

Elle ne se contente pas de transmettre une technique, mais une philosophie : celle d’une femme debout, qui croit au pouvoir de la volonté.

Un héritage vivant

Bineta Diédhiou n’est pas seulement une athlète d’exception ; elle est un symbole vivant de l’émancipation par le sport. Sa trajectoire raconte celle d’un Sénégal moderne, enraciné dans ses valeurs et tourné vers l’avenir.
Elle a prouvé qu’un kimono trop grand peut abriter un destin immense — et qu’un rêve d’enfant peut changer la vie de tout un peuple.

Comme le disait Nelson Mandela :
« Le sport a le pouvoir de changer le monde, de créer l’espoir là où il n’y avait que désespoir. »
(Discours de Laureus Sports Awards, 2000).

Et Bineta Diédhiou en est la plus éclatante démonstration.

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Imam chronisueur Babacar Diop

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