Bissau dans l’attente : deux camps s’autoproclament vainqueurs, la CNE au centre de toutes les tensions

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Bissau dans l’attente : deux camps s’autoproclament vainqueurs, la CNE au centre de toutes les tensions

Entre déclarations prématurées, ferveur politique et vigilance citoyenne, la capitale bissau-guinéenne vit des heures de forte intensité après le double scrutin présidentiel et législatif du 23 novembre 2025. Alors que le dépouillement se poursuit, deux candidats revendiquent déjà la victoire, plongeant Bissau dans une atmosphère mêlant impatience, espoir et inquiétude.

Une capitale suspendue au dépouillement

Jusqu’à la fin de la campagne, la ville baignait dans un calme apparent. Mais dès le lendemain du vote, le climat s’est chargé de tension. Les procès-verbaux continuent d’être compilés tandis que les conversations s’enflamment dans les rues, les cafés et les marchés. Les états-majors des principaux candidats, rentrés du vote effectué hors de la capitale, affichent confiance… parfois trop.

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Fernando Días revendique une victoire dès le premier tour

Dans la matinée du 24 novembre, le candidat Fernando Días da Costa a surpris en déclarant devant la presse qu’il avait « remporté l’élection dès le premier tour ». Une affirmation ferme, largement relayée dans tout le pays. Plus tôt, sa cellule de campagne avait déjà publié un communiqué allant dans le même sens, alimentant un débat brûlant dans un contexte politique fragile.

Réplique du camp du président sortant

Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, n’est pas resté sans réaction. Ses équipes affirment avoir collecté « l’ensemble des procès-verbaux » et assurent qu’« il n’y aura pas de second tour ». Toutefois, contrairement à son rival, Sissoco Embaló garde le silence sur les chiffres et évite toute proclamation directe.
Un journaliste bissau-guinéen résume cette posture comme une « prudence stratégique », signe, selon lui, de l’incertitude qui caractérise les premières heures post-électorales.

Rappel à l’ordre de la CNE

Dans un pays où seule la Commission nationale électorale (CNE) est habilitée à proclamer les résultats, ces annonces hâtives ont suscité des inquiétudes.
Idrissa Diallo, porte-parole de la CNE, avait pourtant prévenu la veille : toute proclamation anticipée « met en péril la régularité du processus ». Le Code électoral est clair : aucun résultat ne peut être publié avant la CNE, qui dispose de sept jours pour annoncer les chiffres officiels.

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Tensions sporadiques mais situation sous contrôle

Une courte agitation a été enregistrée près du marché de Bandím, où des jeunes militants ont tenté une manifestation rapidement dispersée par les forces de l’ordre. Aucun incident majeur n’est toutefois signalé.
Le taux de participation est estimé à 65 %, témoignant d’une mobilisation soutenue dans un scrutin marqué par le retrait de Siga Batista au profit de Fernando Días da Costa.

Le jour du vote, Goodluck Jonathan, chef de la mission d’observation de la CEDEAO, avait rappelé l’enjeu historique de ce scrutin, affirmant que « quel que soit le résultat, seul le peuple guinéen sortira vainqueur ». Un message d’apaisement qui continue de résonner dans la capitale.

Un pays dans l’attente du verdict

Alors que la compilation avance, les regards convergent vers la CNE, seule autorité légitime pour trancher. Dans une Guinée-Bissau marquée par des décennies d’instabilité politique, l’attente des résultats est un exercice périlleux.
Bissau retient son souffle.
Le verdict approche.
Et avec lui, l’espoir d’un nouveau chapitre pour un pays en quête de stabilité.

imam chroniqueur
Babacar Diop

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