Boundou : Le Yéla, un patrimoine musical et culturel à préserver

Votre Pub ici !

Partager cet article
Boundou : Le Yéla, un patrimoine musical et culturel à préserver

Au cœur du Boundou, région historique située à plus de 500 km au sud-est de Dakar, résonne une mélodie qui traverse les siècles : le Yéla. Ce genre musical, popularisé par le chanteur international Baba Maal, puise ses racines dans le premier État musulman fondé au XVIIᵉ siècle. Mais le Yéla n’est pas qu’un simple rythme : il est le vecteur d’une mémoire collective, un lien vivant avec l’histoire et les valeurs du Boundou.

Une musique qui raconte l’histoire

Dans une maison modeste de Goudiry, Aïssata Niang, alias Gourowo, incarne l’âme du Yéla. Sa voix flûtée s’élève sur un rythme à deux temps, accompagnée par le claquement des calebasses et les mains de ses sœurs et cadettes. « Le Yéla n’est pas seulement une mélodie pour danser, explique-t-elle. Nos chansons sont liées aux qualités humaines qui fondent nos sociétés : droiture, bravoure, honneur et respect de la lignée. »

Avec le groupe Fédde Yimbé Lama Binta Seck, Aïssata perpétue le legs de sa mère et des aïeux. Chaque chant évoque les guerriers tombés au combat, les vertus des nobles de naissance ou encore les traditions locales. « Cette musique enseigne et revigore. Elle était destinée à la famille royale, aux marabouts, aux nobles et aux guerriers », précise-t-elle.

Les familles griottes, gardiennes du Yéla

Le Yéla du Boundou reste l’apanage de quatre grandes familles : Seck, Niang, Dieng et Boum. « Ce quatuor constitue la force motrice du Yéla, qui demeure sa chasse gardée », confie Issagha Modi Seck, enseignant à la retraite et mémoire vivante de la région. Si d’autres familles chantent désormais le Yéla, le chant authentique ne peut s’épanouir qu’au sein de ces lignées historiques.

Un héritage menacé

Malgré sa richesse culturelle, le Yéla fait face à un défi majeur : l’intérêt décroissant des jeunes générations. « Nos enfants ont d’autres préoccupations. L’héritage risque de disparaître si nous ne transmettons pas notre savoir », alerte Aïssata Niang. Pourtant, la musique continue de rythmer les cérémonies locales, des mariages aux baptêmes, et trouve parfois son public au-delà des frontières, en France ou en Espagne.

Selon Moussa Mboum, animateur à Boundou FM, « l’histoire du Boundou est indissociable du Yéla. Les deux forment un tout qui raconte la mémoire de notre région et de ses habitants ».

Un legs à préserver

Le Yéla ne se résume pas à un chant : il est identité culturelle, mémoire et fierté. À travers ses voix et ses instruments, il rappelle les valeurs ancestrales et fait vivre l’histoire du Boundou au présent. La transmission de ce patrimoine immatériel reste cruciale pour que les générations futures puissent continuer à entendre les rythmes et les récits qui ont façonné cette région.

Le Yéla est bien plus qu’une musique : c’est un lien entre passé et présent, un héritage à préserver et un symbole de la richesse culturelle sénégalaise.

Imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci