Bras de fer diplomatique : Téhéran qualifie les armées européennes de « groupes terroristes »
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La tension entre l’Iran et l’Union européenne franchit un nouveau seuil. En réaction à la décision de Bruxelles d’inscrire le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) sur la liste des organisations terroristes, les autorités iraniennes ont annoncé, à leur tour, classer les armées des pays membres de l’UE parmi les « groupes terroristes ».
L’annonce a été faite par le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, qui a tenu l’Union européenne pour « pleinement responsable des conséquences » de cette décision. « Les armées des pays européens sont considérées comme des groupes terroristes », a-t-il déclaré, dans un ton de défi assumé.
Une riposte avant tout symbolique
Cette mesure iranienne, largement perçue comme symbolique, s’inscrit dans un contexte diplomatique extrêmement tendu. Elle intervient quelques jours après que l’Union européenne a validé l’inscription du CGRI sur sa liste noire, invoquant son rôle central dans la répression interne et dans plusieurs opérations régionales jugées déstabilisatrices.
Pour Téhéran, cette décision européenne est qualifiée d’« erreur stratégique majeure ». Mohammad Bagher Qalibaf estime que l’UE agit « par obéissance aveugle aux États-Unis », accusant les Européens de prendre des décisions contraires aux intérêts de leurs propres populations. « En s’attaquant à la Garde, qui a été le plus grand rempart contre la propagation du terrorisme en Europe, les Européens se sont tiré une balle dans le pied », a-t-il affirmé.
Un contexte intérieur explosif
Cette escalade verbale survient alors que la République islamique traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente. Depuis plusieurs semaines, les forces de sécurité iraniennes mènent une répression d’une extrême violence contre des mouvements de contestation populaire.
Les organisations internationales de défense des droits humains évoquent un bilan particulièrement lourd, estimant à près de 30 000 le nombre de victimes depuis le début des manifestations. Une répression que les autorités justifient au nom de la stabilité et de la sécurité nationale.
La Garde révolutionnaire au cœur du pouvoir
Institution clé du régime, le Corps des gardiens de la révolution islamique joue un rôle central dans l’appareil sécuritaire, militaire et économique du pays. Il contrôle notamment l’arsenal de missiles balistiques iraniens et détient des intérêts considérables dans plusieurs secteurs stratégiques.
La Garde ne répond qu’au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, âgé de 86 ans, ce qui renforce son poids politique et son autonomie vis-à-vis des autres institutions de l’État.
Vers une nouvelle escalade régionale ?
Cette passe d’armes diplomatique s’inscrit enfin dans un climat géopolitique déjà inflammable au Moyen-Orient, alors que le président américain Donald Trump n’exclut pas une éventuelle action militaire contre l’Iran. Une hypothèse qui nourrit les inquiétudes d’un embrasement régional aux conséquences imprévisibles.
Entre déclarations symboliques, sanctions croisées et menaces à peine voilées, le fossé entre Téhéran et les capitales européennes semble désormais plus profond que jamais.
Imam chroniqueur
Babacar Diop













