Cameroun/ Affaire Martinez Zogo : La décision attendue ce jour après les exceptions de la défense
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Après les exceptions soulevées par la défense et les réquisitions du commissaire du gouvernement, le juge du tribunal militaire devrait prononcer au cours de l’audience prévue ce 11 novembre 2024 au tribunal militaire le délibéré au sujet de l’affaire Martinez Zogo a-t-on appris.
La décision du juge d’accepter ou non les plaintes formulées par la défense concernant la conduite de l’enquête préliminaire et la phase d’instruction du dossier devrait déterminer la suite de ce procès. Si le juge accède aux observations des avocats des accusés, l’enquête pourrait être reprise depuis le début, et certains accusés pourraient être libérés.
Lors de la dernière audience le 21 Octobre dernier, le commissaire du gouvernement, lors de ses réquisitions sur ces exceptions, les a toutes contestées et a demandé au président du tribunal de les rejeter toutes.
Toujours à cette occasion, les avocats des différents accusés avaient soulevé de nombreuses exceptions au dossier. Celles-ci portaient notamment sur les fautes commises par les enquêteurs au cours de la phase d’instruction et de l’enquête préliminaire.
Les avocats de Jean-Pierre Amougou Belinga, homme d’affaires influent soupçonné d’être l’un des commanditaires de l’assassinat du journaliste, ont par exemple souligné que la perquisition à son domicile avait été effectuée sans mandat et sans notification à ses avocats. Ils ont également relevé la disparition de biens lors de cette perquisition.
De plus, ces avocats avaient rapporté que des auditions de présomptions ont été conduites illégalement, et que les procès-verbaux d’audition ont été « régularisés » bien après les auditions susmentionnées. Cette régularisation a été effectuée a posteriori par le commissaire du gouvernement, qui dirigeait la commission mixte d’enquête gendarmes/policiers.
Les avocats s’étaient insurgé contre cette commission, estimant que c’était le procureur de Mfou (où le corps a été retrouvé) et celui du tribunal du Centre qui étaient compétents pour mener l’enquête.
Par ailleurs, les avocats avaient longuement tablé sur l’ordonnance de renvoi du 1er décembre 2023. Celle-ci, émise par l’ancien juge d’instruction Sikati II Kamwo, ordonnait la remise en liberté de Jean Pierre Amougou Belinga et de Léopold Maxime Eko Eko, l’ancien patron de la DGRE. Mais après un imbroglio administratif, le tribunal militaire avait déclaré que cette ordonnance de renvoi était un document falsifié.
Les deux accusés sont restés en détention. Aujourd’hui, leurs avocats affirment que le document était bien authentique et se fondent dessus pour exiger la mise en liberté de leurs clients.
Depuis le début des audiences en mars dernier, ces discussions sur la forme retardent le démarrage du procès au fond. La décision ce jour du président du tribunal devrait déterminer si les débats au fond devraient commencer ou non.
Dans cette affaire, 17 personnes, dont 12 agents de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), sont accusés d’avoir commandité, enlevés, torturés puis assassinés en janvier 2023, le journaliste Martinez Zogo.
Il dénonçait des actes de corruption impliquant de hauts dignitaires du pouvoir dans un programme diffusé sur une radio FM émettant dans la ville de Yaoundé.













