Cameroun / Akwa sous les flammes : la douche municipale ravagée par un violent incendie
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Il était un peu plus de 21h10, et les flammes continuaient encore leur sinistre danse dans le quartier commerçant d’Akwa, cœur battant de la capitale économique du Cameroun. Parties dans l’après-midi de la douche municipale, elles ont tout emporté : commerces, marchandises, maisons d’habitation… Rien ou presque n’a pu être sauvé.
L’effervescence habituelle du quartier a basculé dans la panique. L’incendie, dont l’origine reste à déterminer, a gagné rapidement du terrain, attisé par des matériaux inflammables et l’extrême promiscuité des installations. Plusieurs témoins évoquent un départ de feu dans une boutique, puis une propagation éclair à tout le pâté de maisons.

Les sapeurs-pompiers ont été déployés, mais l’approvisionnement insuffisant en eau a gravement compromis leur efficacité. Sur le terrain, des commerçants désespérés tentaient, à mains nues ou avec des seaux, de freiner l’avancée des flammes, sans grand succès.
« Il pleut pourtant tous les jours, mais aujourd’hui, aucune goutte de pluie ne tombe depuis que le feu a commencé », nous glisse, les yeux rougis, un commerçant dont la boutique vient de partir en fumée.
Aucun décès n’est à déplorer pour l’heure, mais plusieurs personnes, prises de panique ou asphyxiées par la fumée, ont été évacuées vers des centres hospitaliers. Le traumatisme est palpable. Femmes en larmes, jeunes debout sur les décombres, hommes effondrés devant des décennies de travail partis en fumée.
Côté matériel, les pertes sont colossales : des centaines de millions de francs CFA. Nombre de victimes du sinistre n’étaient ni assurées ni accompagnées, et beaucoup redoutent ne jamais pouvoir se relever.
Ce n’est pas la première fois que le quartier d’Akwa est frappé par les flammes. En cause : l’anarchie urbaine, les bricolages électriques, l’absence de bornes d’incendie fonctionnelles, et un réseau de secours trop souvent pris au dépourvu.
Dans une ville comme Douala, qui se rêve moderne et dynamique, ces tragédies à répétition posent question : comment peut-on encore manquer d’eau pour éteindre un feu en plein centre-ville ? Où en est la prévention des risques urbains ? Et qui paiera la facture de ce nouveau drame ?
À la douche municipale d’Akwa, il ne reste que des carcasses noircies, des odeurs âcres, et des regards vides. Mais derrière la fumée, des vies demandent à être écoutées, accompagnées, réparées.
À travers cette tragédie, c’est tout un pan de l’économie informelle camerounaise qui vacille. Et une ville entière qui doit, une fois de plus, regarder les flammes lui rappeler ses fragilités structurelles.













