Cameroun : La Gare Routière de Fou et l’Initiative des Chauffeurs de Mfou
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Une Gare Fermée, Un Gardien Resté Seul
Cela fait plus d’un an que la gare routière de Fou, autrefois un point névralgique pour les voyageurs et les chauffeurs de taxi-brousse, a fermé ses portes. Cette situation a plongé les usagers et les conducteurs dans l’incertitude et la frustration. Aujourd’hui, l’endroit est laissé à l’abandon, avec pour seul occupant un gardien qui y réside.
Les chauffeurs expriment leur mécontentement face à cette fermeture prolongée. « Le maire de la ville de Mfou avait promis de construire une nouvelle gare plus accessible après nos plaintes, mais un an plus tard, rien n’a été fait », déclare l’un d’eux, visiblement déçu par le manque d’actions concrètes des autorités.
Face à l’inaction des autorités, les chauffeurs ont décidé de prendre les choses en main. Ils ont choisi de créer leur propre gare au centre-ville, à proximité de l’école primaire publique. « Nous avons compris qu’il fallait agir pour faciliter la tâche aux passagers et à nous-mêmes », explique un chauffeur impliqué dans ce projet. Ce nouvel emplacement vise à améliorer l’accessibilité pour les usagers tout en offrant une solution pratique aux chauffeurs.
Cette initiative a été bien accueillie par les passagers. « C’est beaucoup mieux ici. Avant, il fallait marcher longtemps pour rejoindre la gare de Fou, mais maintenant, c’est juste à côté de l’école », témoigne une femme qui emprunte régulièrement le taxi-brousse. Les chauffeurs espèrent que cette nouvelle gare leur permettra de regagner une clientèle perdue et d’améliorer leur situation financière.
L’état des routes a été un facteur déterminant dans la décision de fermer la gare de Fou. Pendant la saison des pluies, l’accès à cette gare était devenu un véritable parcours du combattant. Les routes de terre étaient souvent marécageuses et glissantes, rendant le trajet dangereux. Les passagers qui empruntaient des motos se retrouvaient souvent en difficulté, glissant et se salissant en essayant d’atteindre la gare.
« Les clients avaient peur de prendre les motos à cause des routes. On a vu des gens tomber, et cela a découragé beaucoup de passagers », raconte un chauffeur. Les voitures, notamment celles avec des moteurs fatigués, peinaient à gravir les collines escarpées, aggravant encore davantage la situation. Cette réalité a contribué à une baisse significative de la fréquentation de la gare, les usagers préférant éviter les risques liés aux trajets.

Malgré les avantages de la nouvelle gare, les chauffeurs doivent faire face à des défis. Ils doivent obtenir l’aval des autorités locales pour officialiser cet espace et s’organiser pour assurer un service de qualité. La pérennité de cette initiative dépendra de leur capacité à répondre aux attentes des usagers tout en naviguant dans un cadre réglementaire incertain.
Celine Ambassa













