Cameroun – Libération de Bikoe Victorine, célèbre cuisinière de l’Okok « controversé »
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Yaoundé, 31 mai 2025 — Après quatre mois de détention préventive à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, Bikoe Victorine, figure populaire du monde culinaire urbain, a été libérée. Son incarcération avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, notamment autour de son fameux plat : l’Okok à la pisse, devenu sujet de fascination autant que de polémique.
Connue dans plusieurs quartiers de la capitale pour sa maîtrise de l’Okok — un mets traditionnel fang-beti à base de feuilles d’éru (ou de gnetum) mélangées à de la pâte d’arachide — Victorine s’était retrouvée dans la tourmente après des dénonciations virales sur la préparation jugée « atypique » de son plat, dont le nom avait choqué autant qu’il avait attiré la curiosité.
Une détention qui soulève des questions
Interpellée début janvier 2025, la restauratrice a été placée en détention provisoire, officiellement pour des infractions liées à l’hygiène alimentaire, mais officieusement au cœur d’un débat houleux sur les normes, la tradition et les libertés dans la cuisine de rue. Son cas avait cristallisé les tensions entre innovation culinaire, satire populaire et règlementation sanitaire.
Durant ces quatre mois, plusieurs voix se sont élevées pour demander sa libération, estimant que les faits qui lui étaient reprochés ne justifiaient pas une incarcération aussi longue, surtout en l’absence de condamnation judiciaire.
Une libération accueillie avec soulagement
Sa remise en liberté a été confirmée ce vendredi 31 mai. À sa sortie, Victorine, visiblement fatiguée mais digne, s’est contentée de remercier ceux qui l’ont soutenue. Elle a également indiqué que son restaurant rouvrirait dans les prochains jours, « le temps de bien fermenter les condiments », a-t-elle lancé avec humour, dans une allusion malicieuse à la polémique qui l’avait propulsée sous les projecteurs.
Un retour attendu… et surveillé
Sa réouverture sera suivie de près, tant par ses fidèles clients que par les autorités sanitaires. Si l’affaire a pu paraître burlesque à certains, elle soulève néanmoins des interrogations profondes sur les conditions de travail des petits restaurateurs, le contrôle de la qualité alimentaire, et la liberté d’expression dans les pratiques culinaires populaires.
Bikoe Victorine, devenue malgré elle une icône de la cuisine urbaine camerounaise, pourrait bien transformer cette épreuve en opportunité de rebond. L’histoire ne dit pas si elle conservera le nom provocateur de son plat, mais une chose est sûre : elle n’a pas fini de faire parler d’elle.













