Cameroun | Naissance d’un nouveau prince au royaume Bamoun : la dynastie de Nchare Yen se renforce

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Cameroun | Naissance d’un nouveau prince au royaume Bamoun : la dynastie de Nchare Yen se renforce

Le tambour a parlé à Foumban. Par un communiqué officiel, le royaume Bamoun a annoncé la naissance d’un nouveau prince, troisième fils de Sa Majesté El Hadj Mouhammad-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya, 20ᵉ Roi de la dynastie de Nchare Yen. Un souffle de vie qui vient nourrir les racines d’un des royaumes les plus anciens et les plus structurés d’Afrique centrale.

Dans les monarchies traditionnelles africaines, chaque naissance princière engage une part de la mémoire et de l’avenir du peuple. Ce n’est pas seulement un enfant qui vient au monde, mais une lignée qui se poursuit, un trône qui se projette. À Foumban, le berceau du peuple Bamoun, la nouvelle a été accueillie avec respect, chants, danses et réjouissances mesurées. Car dans ce royaume, les traditions ne sont pas folklore : elles sont force d’ordre et de cohésion.

Fondé en 1384 par Nchare Yen, le royaume Bamoun a traversé le temps, les colonisations, les indépendances et les mutations de l’État moderne. Ce n’est pas un vestige, mais une institution vivante, insérée dans la République tout en conservant ses codes et ses fonctions sociales propres.

Le roi actuel, Sa Majesté Mouhammad-Nabil, monté sur le trône en 2021 après le décès de son père Ibrahim Mbombo Njoya, incarne une continuité. À la fois homme de tradition et figure contemporaine, il porte l’héritage des ancêtres tout en dialoguant avec le présent. La naissance de son troisième fils, au sein même du Palais royal de Foumban, renforce la maison royale et, avec elle, le sentiment d’un destin collectif qui se poursuit.

Le Palais royal de Foumban n’est pas seulement une résidence monarchique. C’est un centre de mémoire, d’art et de savoirs. Il abrite aujourd’hui le Musée des rois Bamoun, inauguré en 2024, qui expose près de 12 000 pièces : objets de culte, armes, trônes, manuscrits en écriture Shü-mom inventée par le sultan Njoya au début du XXe siècle.

Le royaume continue aussi de faire vivre ses rituels ancestraux, notamment le Nguon, fête politico-spirituelle inscrite en 2023 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Là, chaque deux ans, le peuple interroge publiquement son roi sur ses actes, dans une mise en scène qui rappelle que le pouvoir traditionnel africain est aussi redevable devant les siens.

Alors que le Cameroun connaît de nombreuses tensions, la vitalité de la monarchie bamoun témoigne d’un autre visage possible du pouvoir : enraciné, symbolique, responsable. La naissance de ce prince rappelle que, même au cœur du XXIᵉ siècle, certaines formes de gouvernance africaines continuent d’exister sans se renier, en conciliant autorité, sacré et service communautaire.

Ce n’est pas d’un prince que dépend l’avenir d’un peuple, mais sa venue dit que la mémoire est féconde, que les sources ne sont pas taries, et que l’Afrique, lorsqu’elle s’appuie sur ses fondements, sait encore transmettre.

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