Cameroun | Présidentielle 2025 : entre vitalité démocratique et exigences de légalité

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Le Cameroun s’apprête à vivre en octobre une nouvelle échéance électorale majeure : l’élection présidentielle. Alors que le climat reste calme en surface, les dynamiques politiques sont en pleine ébullition. Derrière les apparences, un jeu complexe se dessine entre candidatures multiples, reconfigurations juridiques, et débats internes aux formations politiques. Loin des caricatures, c’est la vitalité d’un pays en mouvement, attaché à sa souveraineté et au respect de ses institutions, qui transparaît.

Des candidatures multiples, reflet d’un désir d’expression démocratique

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À ce jour, près de 80 dossiers de candidatures auraient été annoncés ou déposés auprès d’ELECAM (Élections Cameroun), selon plusieurs sources proches du processus. Cette dynamique témoigne d’un engouement citoyen, d’un désir d’alternance ou de continuité, et surtout, d’un attachement au débat public. Si toutes ces candidatures ne seront pas retenues l’instruction des dossiers par ELECAM étant toujours en cours le phénomène traduit une pluralité de voix qui, loin de menacer la stabilité, peut enrichir le jeu démocratique s’il est encadré par la loi.

Maurice Kamto investi par le MANIDEM : une stratégie légale dans le respect du droit

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L’ancien candidat de 2018, le Pr Maurice Kamto, a récemment été investi par le MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), parti reconnu par la République, pour porter sa candidature en 2025. Le choix du MANIDEM formation fondée en 1995 répond à une exigence du Code électoral camerounais : seuls les partis disposant d’élus locaux peuvent investir un candidat.

Cette décision, bien que critiquée par certains, reste strictement conforme à la loi. Elle reflète une volonté de trouver des voies d’expression dans le cadre républicain, malgré les contraintes imposées par l’histoire politique récente. Le MANIDEM traverse actuellement une période de clarification interne, des divergences existant entre deux camps sur la validité de cette investiture. La justice, seule habilitée à trancher ce type de différend, a été saisie.

À l’intérieur du RDPC, un appel au droit interne

Fait rare : un élu du RDPC, M. Léon Théiller Onana, conseiller municipal, a lui aussi déposé sa candidature à la présidentielle, au nom du parti majoritaire. Une initiative qui interroge la légalité des procédures internes de désignation du candidat officiel. M. Onana plaide pour le respect des statuts du RDPC, notamment la tenue régulière d’un congrès, et invite à un débat de fond sur la gouvernance interne du parti.

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Loin de toute contestation désordonnée, cette démarche se veut un appel à la conformité statutaire, à l’intérieur même d’un parti au pouvoir. Elle illustre la capacité du système camerounais à porter en son sein des voix critiques respectueuses de l’ordre républicain.

Des figures connues, des nouveaux venus : vers une campagne ouverte

Plusieurs autres candidatures sont déjà connues :

  • Cabral Libii, député et président du PCRN, dont l’investiture a été confirmée malgré un contentieux avec le fondateur du parti, Robert Kona.
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  • Franklin Ndifor Jr, pasteur et ancien candidat, revient avec un message spirituel et social.
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  • Issa Tchiroma Bakary, figure politique de longue date, également en lice.
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  • Seta Caxton Ateki, avocat et président du Parti Africain Libéral, porte un discours tourné vers la justice, la réforme fédérale, et la réconciliation nationale.
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Cette diversité montre un pays vivant politiquement, où les parcours civils, professionnels et spirituels cherchent à se faire entendre par les voies institutionnelles.

L’État de droit, garant de la sérénité du processus

Le rôle d’ELECAM, des juridictions administratives et du Conseil constitutionnel est crucial dans la régulation du processus. C’est à ces institutions souveraines, prévues par la Constitution camerounaise, qu’il revient d’instruire, d’évaluer et de trancher les cas litigieux. Le respect de leurs décisions est une condition indispensable pour garantir la paix et la stabilité dans le pays.

À ce stade, aucun appel au désordre n’a été lancé par les différents acteurs, et la République tient bon, dans son cadre institutionnel. Les contestations quand elles existent se font dans les formes prévues par la loi.

Un rendez-vous avec l’Histoire, dans l’unité et la lucidité

Le peuple camerounais est mature. Il l’a prouvé à de nombreuses reprises dans son histoire. Cette élection, loin d’être un affrontement ou une épreuve, peut être un moment de ressourcement national, si chacun candidats, institutions, électeurs choisit la voie de la responsabilité et du respect.

Dans un monde troublé, où de nombreux États vacillent sous la pression extérieure ou les conflits internes, le Cameroun reste debout, ancré dans son héritage de paix, mais lucide sur ses défis.

À suivre avec sérieux et calme, pour l’amour du pays.

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