Cameroun/ Santé: Alerte à la bilharziose
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Depuis le début de l’année 2024, le Cameroun observe une augmentation alarmante des cas de bilharziose (ou schistosomiase), particulièrement entre janvier et mai, selon les notifications des formations sanitaires. Ce regain de vitalité de la maladie suscite l’inquiétude du Programme national de lutte contre la schistosomiase et les helminthiases intestinales (Pnlshi), surtout chez les enfants âgés de 5 à 14 ans qui représentent la population la plus vulnérable et à risque.
Selon le ministère de la Santé publique, l’analyse des données de surveillance indique une augmentation significative des cas de bilharziose intestinale et/ou urinaire sur l’ensemble du territoire. Les régions comme l’Adamaoua ont enregistré un nombre élevé de cas en février, tandis que l’Extrême-Nord a signalé une forte augmentation en mai. À l’Ouest, les chiffres dépassent ceux des années précédentes, présentent l’ampleur de la situation, apprend-on. Cependant, le ministère ne fournit pas de chiffres précis sur le nombre de cas notifiés depuis le début de l’année.
Pour contrer cette situation, le gouvernement annonce une campagne nationale de déparasitage prévue pour fin novembre-début décembre, sous le thème : « Sensibilisation et distribution de précision pour l’atteinte de l’objectif de l’élimination ». Ce programme fait écho aux préoccupations soulevées lors des évaluations précédentes des maladies, où la bilharziose et les vers intestinaux touchaient respectivement 2 millions et 10 millions de personnes en 2010, selon les chiffres avancés par le Pnlshi. Des études réalisées en 1985 avaient déjà identifié la bilharziose comme un problème de santé publique au Cameroun.
Actuellement, l’épicentre de la bilharziose, qui était majoritairement situé dans le septentrion, connaît une extension, tandis que les vers intestinaux restent plus fréquents dans le sud. Les enfants âgés de 5 à 14 ans sont particulièrement exposés à cette maladie, qui se propage par des pratiques liées à des conditions de vie insalubres, telles que la baignade dans des eaux contaminées, précise le ministère. Les vers intestinaux, quant à eux, résultent de mauvaises conditions d’hygiène, notamment la consommation de fruits non lavés. Les conséquences de ces infections incluent l’anémie, le retard de croissance et une diminution du développement intellectuel.
Pour rappel, la bilharziose est classée parmi les maladies tropicales négligées, touchant particulièrement les populations à faible revenu dans le monde, particulièrement en Afrique subsaharienne, dont le Cameroun.
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette maladie est provoquée par des vers parasites et se transmet via des activités courantes qui exposent les individus à l’eau contaminée. Le manque d’hygiène et certaines habitudes de jeu, telles que la natation ou la pêche dans des eaux infestées, rendent les enfants d’âge scolaire particulièrement vulnérables à l’infection.
L’OMS préconise un traitement régulier à grande échelle des populations avec le praziquantel, tout en soulignant l’importance d’améliorer l’accès à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires adéquates pour réduire la transmission de la maladie.













