Cameroun —yaoundé | Axe Coron–Mvogbi : quand une route réparée rend la ville à ses habitants
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À Yaoundé, la réhabilitation de l’axe Coron–Mvogbi marque la fin annoncée d’un long épisode de relégation urbaine. Dans ce quartier à forte concentration étudiante et populaire, la route n’était plus seulement un espace de circulation, mais le symptôme visible d’un déséquilibre plus profond entre croissance urbaine et qualité de vie.
Il y a des routes qui racontent mieux une ville que de longs discours. Pendant des années, l’axe Coron–Mvogbi a raconté Yaoundé par ses crevasses, ses eaux stagnantes et ses lenteurs quotidiennes.
Situé au cœur d’un tissu urbain dense, l’axe Coron–Mvogbi dessert plusieurs établissements d’enseignement et zones résidentielles majeures de la capitale camerounaise, notamment autour de Siantou Coron, Siantou Mvogbi et de l’Université catholique d’Afrique centrale. Longtemps, cette voie stratégique s’est imposée comme l’un des points noirs de la mobilité urbaine : chaussée dégradée, embouteillages chroniques, écoulement anarchique des eaux usées et nuisances persistantes pour les populations riveraines.
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Les travaux en cours visent à corriger ces dysfonctionnements structurels. Ils portent sur le décapage de l’ancienne couche de roulement, la reprise du corps de chaussée et la pose d’un revêtement en béton bitumineux. À cela s’ajoute la réhabilitation des ouvrages d’assainissement, avec le curage et la reconstruction des rigoles, afin de canaliser les eaux et réduire les risques sanitaires.
Si la circulation connaît actuellement des perturbations, les autorités présentent ces désagréments comme temporaires, au regard des bénéfices attendus à moyen et long terme.
Au-delà de l’aspect technique, la transformation de l’axe Coron–Mvogbi pose une question essentielle : que dit l’état d’une route de la place accordée aux habitants dans la fabrique de la ville ? Ici, les premiers concernés sont les étudiants, nombreux dans ce quartier universitaire, contraints pendant des années de composer avec la boue, les flaques insalubres et l’insécurité routière.
Pour les riverains, la route dégradée était devenue un facteur d’exclusion silencieuse, affectant la santé, la mobilité et le sentiment de dignité. La réhabilitation des caniveaux, en mettant fin à l’écoulement à ciel ouvert des eaux usées, répond ainsi à un enjeu de santé publique autant qu’à une exigence de respect humain.
Ce chantier s’inscrit plus largement dans les défis auxquels font face les métropoles africaines : concilier urbanisation rapide, infrastructures adaptées et justice spatiale. Réparer une route, dans ce contexte, revient à réparer un lien entre la ville et ceux qui l’habitent.
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L’axe Coron–Mvogbi n’est pas encore totalement libéré des engins et des ralentissements, mais il a déjà changé de statut. D’un symbole de relégation urbaine, il devient celui d’une promesse de ville plus praticable, plus respirable et plus attentive à ses habitants. À Yaoundé, comme ailleurs en Afrique, la qualité des routes reste un révélateur puissant de la manière dont une cité reconnaît ou non la dignité de ses populations.
Celine Dou
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