CAN sous controverse : pourquoi le TAS devrait rétablir la victoire du Sénégal

Votre Pub ici !

Partager cet article
CAN sous controverse : pourquoi le TAS devrait rétablir la victoire du Sénégal

La décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer la victoire au Sénégal pour attribuer la Coupe d’Afrique des nations au Maroc sur tapis vert suscite une vive polémique. Au-delà de l’émotion, l’analyse juridique révèle une fragilité évidente de cette décision, que le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pourrait difficilement confirmer.

Au cœur du litige se trouve une interprétation contestable du règlement de la CAF, notamment son Chapitre 35 relatif aux « retraits ». Les articles invoqués encadrent strictement les cas de forfait : il doit s’agir d’un retrait clair, définitif et constaté par l’arbitre, impliquant un refus explicite de poursuivre le match. Or, dans cette affaire, ces conditions semblent loin d’être réunies.

À lire aussi : Notsé : décès en garde à vue à Agbati, la famille de Nestor Akawa réclame toute la lumière

Les faits sont pourtant sans ambiguïté. Si certains joueurs sénégalais ont momentanément quitté le terrain pour protester, il ne s’agissait nullement d’un abandon collectif et irréversible. Tous les joueurs sont revenus, la rencontre a repris, et elle s’est achevée dans des conditions normales, avec une victoire acquise sur le terrain.

Ce point est déterminant. En droit du sport, la distinction entre interruption temporaire et retrait définitif est fondamentale. Une interruption, même fautive, relève de sanctions disciplinaires. En revanche, un forfait suppose une rupture définitive du jeu, ce qui n’a jamais été constaté par l’arbitre, seul garant de la régularité d’un match selon les principes établis par la FIFA.

La jurisprudence constante du TAS renforce cette lecture. Pour qu’un forfait soit juridiquement établi, trois conditions cumulatives doivent être réunies : un refus clair de jouer, un non-retour sur le terrain et une impossibilité définitive de poursuivre la rencontre. En l’espèce, aucune de ces conditions n’est remplie. Le match a non seulement repris, mais il est allé à son terme, consacrant un résultat sportif légitime.

À lire aussi : Côte d’Ivoire / Bouaflé : MUREMO un modèle de solidarité et d’autonomie au service de ses membres

Un autre élément juridique majeur réside dans ce que les spécialistes appellent « l’effet purgatif » du déroulement complet du match. Une fois la rencontre achevée et validée par l’arbitre, les incidents survenus en cours de jeu sont censés être réglés par des sanctions disciplinaires, sans remise en cause du résultat final. C’est d’ailleurs dans cette logique que la CAF avait initialement opté pour des sanctions proportionnées (suspensions, amendes), reconnaissant implicitement la validité du match.

Le revirement opéré par la suite soulève dès lors une contradiction manifeste. Transformer une victoire sur le terrain en défaite administrative après coup constitue une requalification discutable, voire un excès de pouvoir, en rupture avec les principes de sécurité juridique et de stabilité des résultats sportifs.

Historiquement, les décisions de forfait interviennent lorsque le match n’a pas été joué ou n’a pas pu être mené à son terme. Revenir sur un match achevé pour en modifier l’issue apparaît comme une anomalie rare, sinon sans précédent, dans le football international.

À lire aussi : CRIET : le tiktokeur Billy placé sous mandat de dépôt.

Au-delà des aspects juridiques, cette affaire pose une question cruciale : celle de la crédibilité des instances du football africain. En donnant l’impression de pouvoir réécrire a posteriori le résultat d’un match, la CAF s’expose à des critiques profondes sur sa gouvernance et alimente les soupçons d’ingérences extra-sportives.

Dans ces conditions, une annulation de la décision par le TAS semble non seulement probable, mais presque inévitable. Fidèle à sa jurisprudence, l’instance arbitrale internationale privilégie la protection du jeu et des résultats acquis sur le terrain, sauf en cas de violation grave et clairement établie.

Ainsi, sauf élément nouveau déterminant, le Sénégal pourrait voir son sacre rétabli, consacrant une fois de plus un principe fondamental du sport : la vérité du terrain doit primer sur toute relecture administrative contestable.

Par imam chroniqueur
Babacar Diop

Partager cet article

Recherche en direct

Catégories

Votre Pub ici !

Autres publications

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications Accepter Non, merci