Cédéao – AES : à Accra, le Ghana appelle à un divorce sans rupture

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Cédéao – AES : à Accra, le Ghana appelle à un divorce sans rupture

Accra, avril 2025 – Lors du sommet célébrant les 50 ans de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le président ghanéen John Dramani Mahama a livré un plaidoyer empreint de diplomatie et de lucidité sur le départ des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). À Accra, devant ses pairs de la sous-région, il a affirmé la volonté du Ghana de jouer un rôle de médiateur dans cette crise institutionnelle inédite, tout en appelant à « créer des ponts plutôt que des murs ».

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, désormais membres de l’AES, ont officialisé leur retrait de la Cédéao plus tôt cette année, dénonçant ce qu’ils qualifient d’« ingérence » et de « manque de solidarité » de l’organisation face à leurs réalités sécuritaires. Ces États, dirigés par des juntes militaires, ont tourné le dos à une institution qu’ils accusent d’avoir failli à les soutenir dans leur lutte contre le terrorisme et les pressions internationales.

Une décision « regrettable » mais pas irréversible

Sans jamais nommer directement les dirigeants de l’AES — absents du sommet malgré une invitation formelle —, le président Mahama a qualifié leur retrait de « regrettable », tout en esquivant le piège de la confrontation. « La réponse ne doit pas passer par l’isolement ou la condamnation, mais par l’écoute, le dialogue et la volonté d’engager », a-t-il déclaré.

Le président ghanéen, qui incarne désormais un leadership pragmatique, s’est voulu rassembleur : « Le Ghana est prêt à servir de pont pour recoudre le tissu de l’unité ouest-africaine. » Une formule forte, qui marque la volonté d’éviter une fracture durable au sein de la région.

Une médiation ghanéenne en gestation

John Mahama a fait savoir qu’il allait nommer un envoyé spécial chargé d’entamer un dialogue discret mais soutenu avec les trois capitales sahéliennes. Il a aussi évoqué ses propres déplacements diplomatiques à venir pour relancer les canaux de communication entre la Cédéao et l’AES.

Cette volonté d’apaisement contraste avec certaines voix plus tranchées au sein de la Cédéao, qui réclamaient des sanctions ou un gel complet des relations avec les régimes militaires. Mahama, au contraire, s’appuie sur l’histoire diplomatique de la Cédéao pour plaider un dialogue constructif.

Un héritage de paix à préserver

Le président ghanéen a également rappelé les réussites passées de l’organisation dans la résolution de conflits : au Libéria, en Sierra Leone, en Gambie, en Côte d’Ivoire et au Togo. Autant d’exemples qui illustrent, selon lui, la force de la diplomatie ouest-africaine quand elle est conduite avec patience et sens politique.

« Les solutions africaines par la diplomatie africaine fonctionnent », a-t-il lancé, en soulignant que la Cédéao ne devait pas perdre son âme ni sa vocation communautaire. Il a plaidé pour une Cédéao plus proche des peuples, plus réactive aux défis sécuritaires, économiques et climatiques.

Un avenir à réinventer

Pour Mahama, les cinquante prochaines années doivent être celles d’une écoute accrue, d’une cohabitation pacifique et d’une prospérité partagée. Il a exhorté ses homologues à renforcer les institutions communautaires, à renouer avec les citoyens et à éviter que la Cédéao ne devienne une coquille vide.

Ce sommet d’Accra, malgré les absences notables, restera sans doute un moment charnière dans la trajectoire de la communauté ouest-africaine. Entre tensions politiques, aspirations souverainistes et besoins urgents de coopération, le défi est désormais de réconcilier les deux visions d’une même région.

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