Centrafrique : le pouvoir refuse de remplacer Wagner par Africa Corps, malgré les pressions russes

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Centrafrique : le pouvoir refuse de remplacer Wagner par Africa Corps, malgré les pressions russes

Alors que Moscou tente de restructurer son influence militaire en Afrique à travers une nouvelle entité baptisée Africa Corps, la République centrafricaine maintient sa collaboration avec les mercenaires de Wagner. Le président Touadéra fait le choix de la continuité sécuritaire, au risque de froisser son allié russe.

La Russie pensait pouvoir facilement remplacer Wagner affaibli depuis la disparition d’Evgueni Prigojine par une force plus officielle, plus docile et mieux encadrée : Africa Corps. Ce nouveau bras armé du Kremlin entend reprendre le flambeau de la coopération militaire russe sur le continent, avec l’objectif d’assainir l’image entachée de Wagner.

Mais à Bangui, le pouvoir a opposé une fin de non-recevoir. Malgré les pressions diplomatiques, les autorités centrafricaines refusent pour l’instant tout transfert de responsabilités vers Africa Corps. En privé, plusieurs cadres du régime affirment que Wagner reste, jusqu’à nouvel ordre, un partenaire fiable et structurant.

Le groupe Wagner contrôle depuis plusieurs années des pans entiers de la sécurité présidentielle et militaire en RCA. Il sécurise notamment les sites miniers sensibles, alimente une économie parallèle et s’est inséré dans la vie politique du pays. Rompre avec Wagner, c’est toucher à un équilibre stratégique, financier et sécuritaire fragile.

Pour le président Touadéra, ce choix ne traduit pas une rupture avec Moscou, mais une volonté de garder la main sur les modalités de la coopération. Car Africa Corps, bien que russe, n’est pas forcément perçu comme un prolongement direct de Wagner : sa doctrine, ses hommes et ses intérêts diffèrent.

Ce refus met en lumière une réalité plus large : les États africains, même sous dépendance sécuritaire, conservent une marge de manœuvre. Ce n’est pas la Russie qui impose ses hommes sur le terrain, mais les autorités locales qui décident de leurs protecteurs, en fonction de leur propre survie politique.

Mais cette marge reste étroite. Le Kremlin pourrait à terme revoir son soutien financier ou militaire si ses exigences ne sont pas respectées. Pour Bangui, le risque d’isolement ou de représailles indirectes n’est pas à exclure.

Cette posture centrafricaine révèle un fait géopolitique majeur : les relations entre États africains et puissances extérieures ne sont plus uniquement dictées par les capitales du Nord ou de l’Est. L’Afrique, même dans sa fragilité, sait parfois dire non. Pas forcément par bravoure, mais par calcul.

La Centrafrique reste aujourd’hui un laboratoire risqué de la coopération sécuritaire postcoloniale. Entre mercenaires, partenaires officiels et intérêts miniers, les lignes de fidélité bougent. Mais au cœur de tout cela, une volonté demeure : ne pas être simple spectateur de sa propre défense.

Article rédigé par Celine Dou

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