Chants du Fleuve : Quand l’eau devient mémoire et poésie
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Hommage à Seex Waali Ndaw
Il existe des livres qui ne se lisent pas : ils se respirent.
Des œuvres qui ne se parcourent pas : elles se traversent comme un fleuve au crépuscule, avec lenteur, avec respect, avec ce silence qui précède les révélations.
Chants du fleuve de Seex Waali Ndaw appartient à cette constellation rare d’ouvrages qui ne contentent pas seulement l’esprit : ils apaisent, réparent et réveillent.
Dès les premières lignes, on comprend que ce livre n’est pas un simple recueil : c’est un pèlerinage littéraire.
Le fleuve Sénégal, le Nil, le Saalum, la Casamance, Djilor, Gorée, le Sinig, les savanes, les tam-tams et les silences sacrés deviennent autant de chapelles où chaque poème fait office de station.
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Comme le dirait le poète malien Amadou Hampâté Bâ,
« La parole est un fleuve : elle prend sa source au cœur de l’homme et irrigue les terres où elle passe » (Poétique de la tradition, p. 47).
Seex Waali Ndaw semble avoir puisé précisément dans cette source.
Une œuvre comme une traversée
Le texte se lit comme on descend un cours d’eau :
au fil des pages, les paysages se succèdent, les émotions s’approfondissent, et le lecteur passe d’une rive à l’autre, comme porté par la voix multiple des lieux et des peuples.
L’anthropologue camerounais Achille Mbembe note que :
« L’Afrique est un fleuve à plusieurs bras, et chaque bras porte une mémoire différente » (Politiques de l’inimitié, p. 126).
Cette phrase épouse parfaitement l’esprit de Chants du fleuve :
chaque poème est une mémoire, chaque mot une terre, chaque strophe une offrande.
Et j’ajouterai, en tant que chroniqueur :
« Les fleuves parlent. Seuls les cœurs silencieux savent les entendre. »
Imam Babacar Diop
Une poésie qui ose l’universel à partir du local
Ce livre chante l’eau, mais derrière l’eau, il chante les hommes.
Il chante les racines, mais derrière les racines, il chante l’humanité.
Il chante les lieux, mais derrière les lieux, il chante l’âme.
La philosophe sénégalaise Fatou Sow l’a si bien écrit :
« Nous sommes tous issus d’un fleuve, même si nous vivons dans le désert. »
(Genre et sociétés africaines, p. 89)
C’est exactement la force de Seex Waali Ndaw :
faire de nos fleuves des miroirs universels.
La poésie comme prière
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L’auteur présente son ouvrage comme une œuvre-pèlerinage, où chaque poème est une station, chaque mot une prière.
Cette dimension spirituelle, discrète mais profonde, rappelle ce qu’écrivait l’égyptien Adonis :
« Le poème est une ascension intérieure, une manière d’avancer en soi pour rejoindre les autres. »
(Introduction à la poésie arabe moderne, p. 33)
Dans cette tradition de la parole qui s’élève, j’écris souvent :
« La poésie n’est pas un luxe : c’est une ablution intérieure. Elle lave ce que le monde salit. »
Imam Babacar Diop
Chants du fleuve semble écrit sous cette même pluie intérieure.
La mémoire comme résistance
Dans un monde où l’oubli avance comme une marée inquiétante, Seex Waali Ndaw oppose la mémoire.
Pas la mémoire froide des archives, mais celle vibrante du sol, des eaux, des rythmes, des villages.
Le philosophe Souleymane Bachir Diagne rappelle que :
« Se souvenir, c’est aussi résister. Résister à la disparition, au silence, à l’effacement. »
(En quête d’Afrique(s), p. 54)
Ndaw, par sa plume, redonne voix aux territoires et aux ancêtres.
Il tisse ce qu’Achille Mbembe appelle « une géographie sensible », où chaque lieu respire et témoigne.
Pourquoi ce livre compte
Parce qu’il raconte nos fleuves mais parle de nous.
Parce qu’il est poétique mais profondément politique :
les fleuves sont les veines du continent, et les mots deviennent les globules de notre mémoire commune.
Et parce que, comme j’aime souvent le rappeler dans mes chroniques :
« Les peuples qui ne dialoguent plus avec leurs fleuves finissent par se dessécher intérieurement. »
Imam Babacar Diop
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Conclusion : un livre qui apaise et qui élève
Chants du fleuve n’est pas seulement un ouvrage :
c’est une traversée, un recueil-refuge, une prière longue comme un cours d’eau.
Seex Waali Ndaw signe un livre qui écoute la terre, regarde le ciel et parle au cœur.
Une œuvre qui rappelle que la poésie peut encore sauver quelque chose en nous.
Et je terminerai par cette conviction personnelle :
« Le fleuve est une école : il enseigne la patience du mouvement et la fidélité du retour. »
Imam Babacar Diop
Imam chroniqueur
Babacar Diop













